Association nationale pour le développement de la mobilité électrique
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Lannion-Trégor à l'avant-garde de la mobilité électrique

Dans le cadre de la deuxième Journée des Territoires Électromobiles de l’année, l’Avere-France a organisé le 16 septembre une journée pédagogique en partenariat avec la Communauté de Lannion-Trégor et le Breizh Mobility Tour. Au programme : table-rondes et essais de véhicules électriques.
Lannion-Trégor à l'avant-garde de la mobilité électrique

Après Deauville (lire actualité précédente), l'Avere-France a, pour la deuxième Journée des Territoires Electromobiles de l'année, mis le cap sur une région déjà engagée. C'est à Lannion-Trégor, ville lauréate d'un trophée des villes électromobiles édition 2013, que représentants de la filière et professionnels de la Bretagne se sont réunis.


Quelles perspectives pour l'électromobilité de demain ?

  • Bernadette Corvisier, Déléguée aux transports, Lannion-Trégor Communauté
  • Gérard Lahellec, Vice-président délégué à la mobilité et aux transports au Conseil régional Bretagne
  • Bernard Laurans, Délégué régional ERDF
  • Jannig Le Pevedic, Directrice du Syndicat Départemental d'Energies 22
  • Julien Dusoulier, Manager Business Development Z.E. France, Renault
  • Marie Castelli, Secrétaire Générale, Avere-France

La première table ronde avait pour objectif de dresser un état des lieux sur les avancées de la mobilité électrique en France et dans la région. Les intervenants sont partis du constat que la mobilité électrique est passée d'un sujet de recherche à une véritable réalité industrielle. « Il y a une maturité technologique de la filière et des solutions de mobilité électrique concrètes sont apparues », explique Marie Castelli.

Les constructeurs automobiles ont en effet aujourd'hui des offres développées, ce qui n'était pas le cas il y a encore deux ans, rappelle Julien Dusoulier. Le Gouvernement, aussi, a accentué son soutien à la filière avec en tête de ligne, les 34 plans pour une Nouvelle France Industrielle qui ont récemment fêté leur premier anniversaire (lire actualité précédente).

En Bretagne aussi, l'impulsion commence à se faire sentir. Pour preuve, les services de l'agglomération et d'ERDF ont tous deux récemment acquis des voitures électriques. « Le développement de la mobilité électrique a constitué une réponse directe à la crise de l'automobile terrible qu'a connu la région », analyse Gérard Lahellec. Dès lors, il n'y a plus qu'à s'appuyer sur les initiatives déjà présentes sur le territoire pour convaincre de nouveaux acteurs.


Nouveaux usages et innovations locales


  • Amélie Chaboud, Chargée d'activité RSE, Crédit Agricole des Côtes-d'Armor
  • Frédéric Corre, Président du Conseil National des Professionnels de l'Automobile (CNPA)
  • Paul Droniou, Président de l'Office Communautaire de LTC Office Intercommunal de Tourisme de LTC
  • Valérie Fraleu-Laville, Chargée d'activité d'anticipation autour de la mobilité, Orange Labs
  • Franck Lamiré, Chargé de mission, Creativ
  • Ariane Tom, Chargée de projets, Laboratoire d'observation des usages des technologies de l'information et de la communication (LOUSTIC)

Au cours de cette deuxième table ronde, les intervenants ont exposé des solutions de mobilité électrique innovantes, répondant à des usages locaux. A commencer par le Crédit Agricole des Côtes d'Armor qui s'est équipé d'une flotte de 13 véhicules électriques. Ils servent aux trajets des conseillers en assurance, qui réalisent jusqu'à 60 kilomètres par jour. D'abord destinée à réduire l'empreinte environnemental de l'entreprise, l'expérience est « globalement positive ».

Autre usage adapté dans la région, le tourisme. « Il existe justement un service pour faire le tour de la Bretagne en vélo à assistance électrique, piloté par l'office de tourisme », explique Valérie Fraleu-Laville. Il comprend vingt deux points de maillage pour un total de plus d'une centaine de vélos en circulation. Ce système est aujourd'hui pérenne et connaît un véritable succès puisqu'il enregistre déjà des demandes de réservation pour 2015.

Alors quel bilan ? Intéressant et positif, répondent les intervenants, malgré les freins. Pour Ariane Tom, ils sont à la fois collectifs et individuels, mais « il faut commencer par faire évoluer les consciences collectives ». Pour Franck Lamiré, l'explication est à aller chercher dans notre perception des usages et notre capacité à repenser nos usages de manière globale, pour enfin concevoir « la voiture comme un véhicule duquel nous allons peu à peu réduire l'utilisation ».



« Smart grid » et « vehicle-to-grid »


  • Édouard Céreuil, Responsable énergies, Morbihan Énergies
  • Philippe Cosquer, Chef de projets, TIC et Mobilité Durable / Intelligence des Systèmes Embarqués, IDforCAR
  • Bruno Dobrowolski, Chef projet flotte véhicules électriques et collectivités locales, ERDF
  • Guillaume Farny, Directeur ITS Bretagne
  • Dominique Ramard, Président de la Commission « Environnement », Conseiller régional délégué à l'énergie et au climat, Conseil régional de Bretagne

Cette dernière table ronde de la journée s'est concentrée sur la question de la gestion de l'énergie en réseaux, et de l'intégration des véhicules électriques dans ce modèle.

Bruno Dobrowolski a commencé par rappeler qu'il existait deux zones importantes de smart grid en France : les alentours de Nice et la Bretagne. L'enjeu pour le véhicule électrique dans le champ des smart grids est l'intégration au sein d'une puissance déjà développée et disponible, sans induire de charges supplémentaires pour le consommateur. L'objectif, c'est aussi que « la voiture se mette à fonctionner comme un smart-grid ». Les batteries des véhicules électriques serviraient alors à injecter de l'énergie dans les réseaux.

Édouard Céreuil évoque à cet égard une expérience menée au syndicat Morbihan Énergies, qui a développé une unité de batterie stationnaire. L'objectif à terme est d'installer une unité mobile à partir d'une batterie de véhicule électrique. « Aujourd'hui, la gestion des flux sur une batterie stationnaire, c'est effectif. Avec les véhicules on sait que ça marche, et on veut le faire avant la fin de l'année. On va amener de la rentabilité grâce à cette gestion vehicle-to-grid ».

Et en France, où en est-on ? « Aujourd'hui, aucun véhicule commercialisé n'est capable de restituer de l'énergie vers une borne et inversement », répond Philippe Cosquer. À l'inverse du Japon, où les véhicules ne peuvent pas être commercialisés s'ils ne sont pas en capacité de transférer de l'énergie sur le réseau. En France, ajoute-t-il, « il va falloir approfondir les recherches ». Ce type de modèles n'est pas commercialisé « car on ne connaît pas encore suffisamment l'impact de la charge et de la décharge sur la durée de vie des batteries ». D'ici 2020, on pourra espérer voir apparaître une offre de smart grids opérationnels et interconnectables avec les batteries des véhicules électriques, via des bornes de recharge installées dans des quartiers intelligents.

L'Avere-France remercie ses partenaires, la Caisse des Dépôts et ERDF, ainsi que la communauté d'agglomération de Lannion-Trégor et le Breizh Mobility Tour. Cette nouvelle journée régionale a permis de démontrer que la mobilité électrique constitue aujourd'hui une réalité concrète. En témoigne les nombreux essais et démonstrations sur l'exposition de véhicules et bornes de charge.

Rendez-vous en octobre pour la dernière journée régionale de l'année à Nevers !


Illustration : © Avere-France

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