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Le recyclage des batteries de véhicules électriques

Le développement des véhicules électriques a fortement accrue la demande pour les batteries lithium-ion. Or la production de celles-ci est non seulement coûteuse en énergie mais très polluante, ce qui pose la question du recyclage de ses composants lorsque la batterie arrive en fin de vie. En effet pris séparément, les composants peuvent être réutilisés dans de nouvelles batteries, réduisant ainsi la dépendance à l’importation de ces métaux précieux.
Le recyclage des batteries de véhicules électriques

Quel cadre réglementaire pour le recyclage des batteries ?


Si les qualités écologiques du véhicule électrique et hybride rechargeable sont évidentes dans sa phase d'utilisation, sa fin de vie doit aussi être exemplaire. Une directive européenne de 2000 transposée dans le droit français oblige la filière automobile à respecter plusieurs points concernant les véhicules hors d'usage (VHU) : le taux de réutilisation et de valorisation doit atteindre 95% du poids moyen par véhicule en 2015, et le taux de réutilisation et de recyclage 85 %. Pour rappel, l'ADEME indique qu'en 2009, les VHU ont fait l'objet d'une réutilisation et d'une valorisation à hauteur de 81,5% en masse d'un VHU et d'une réutilisation et d'un recyclage à hauteur de 79,8% des VHU.

La directive "WEEE" de 2002 pour sa part requiert respectivement le démontage et la collecte séparée des batteries usagées d'un appareil électrique ou électronique collecté séparément : c'est au premier "metteur sur le marché" que revient la responsabilité du recyclage des batteries, selon les cas il peut s'agir du fabricant ou du distributeur.

Par la suite, celle du 26 septembre 2006 (directive 2006/66/CE) portant sur la collecte des batteries et les accumulateurs usagés exige le recyclage de tous les accumulateurs au plomb (minimum de 65%), au nickel/cadmium (minimum de 75%) ainsi que le recyclage de 50% des matériaux contenus dans les autres types de piles et accumulateurs.


Une amélioration de la valeur économique et écologique des batteries des véhicules électriques


Quatre technologies différentes sont exploitées : le plomb, le nickel-cadmium, le nickel métal hydrure et le lithium. Trois filières de recyclage sont maîtrisées (plomb, nickel-cadmium et nickel métal hydrure) et même rentables dans le cas du plomb. Le lithium-ion qui est le couple pour les 15 prochains années est une filière encore jeune en ce qui concerne sa phase de fin de vie, compte tenu de la récente commercialisation des véhicules équipées de cette technologie de batteries, mais les industriels, conscients des enjeux environnementaux, ont en projet des unités de recyclage.

Les batteries des véhicules électriques ont généralement une durée de vie équivalente à celle du véhicule lui-même. Si elles ne sont pas malmenées dans leur première utilisation, elles peuvent avoir une seconde vie, notamment à des fins de stockage. On peut donc s'attendre à devoir recycler les batteries des véhicules une dizaine d'années après leur mise sur le marché.

Les réponses apportées à la question du recyclage des batteries conditionneront en partie le succès des véhicules électriques et hybrides rechargeables : la valeur économique des matériaux est ainsi prolongée dans le temps puisqu'ils sont récupérés pour fabriquer d'autres batteries (pour une application similaire ou non). En outre, le recyclage - via la réutilisation de matériaux d'anciennes batteries - permet de réduire les émissions de CO2 nécessaires à l'extraction de ces matières premières, qui est de plus coûteuse en énergie. A l'inverse, le recyclage demande 25 à 50 % d'énergie en moins par rapport à l'extraction du fait de la concentration de ces métaux dans l'ancienne batterie. Enfin la génération de déchets est minimisée.


Qui est responsable de la fin de vie ?

Une directive européenne désigne le producteur des batteries comme responsable du recyclage des batteries en fin de vie afin que celles-ci ne se retrouvent pas dans la nature, ses composants chimiques étant très polluants. Ainsi, selon la directive Batteries (2006/66/EC), le producteur a l'obligation de collecter les batteries à ses frais (Art 8), de les recycler et de travailler avec un recycleur dont le procédé garantit 50% de recyclage (Art 7, 12...) et doit s'enregistrer en tant que producteur (Art 17) – statut apposé lorsque l'entreprise est la première à mettre la batterie sur le marché.

Ce sont en réalité des organisations, mandatées par les gouvernements locaux ou montées de manière volontaire par des professionnels, qui prennent en charge la fin de vie des batteries. Certains fabricants de batteries comme SAFT ont dans le même temps pris les devants et développé leur propre réseau.


Illustration : © Droits réservés

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