Association nationale pour le développement de la mobilité électrique
Espace Adhérent
Mon compte
Mot de passe oublié
Nouvel adhérent
Devenir adhérent

Développer le transport en commun en véhicule électrique

Le véhicule électrique trouve naturellement son application dans le domaine des transports publics à commencer par le métro ou le tramway. Depuis la loi sur la transition énergétique, les opérateurs de transport et les autorités organisatrices doivent également renouveler intégralement leur parc d'autobus et d'autocars à partir de véhicules à faibles émissions à partir de 2025. Un certain nombre d'entre eux a déjà fait le choix de l'électrique.
Développer le transport en commun en véhicule électrique

Les bus, des obligations légales à anticiper


La loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, promulguée le 18 août 2015, fixe des moyens ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Ainsi concernant le transport collectif, l'article 37 de la loi définit un seuil minimal d'équipement en autobus à faibles émissions pour les flottes de plus de 10 véhicules. Cette obligation s'applique tant aux opérateurs de transport qu'aux autorités organisatrices, comme le STIF ou le SYTRAL. A partir du 1er janvier 2020, 50 % des bus et autocars nouvellement acquis ou mis en service dans le cadre d'un renouvellement de flotte seront concernés par cette obligation. Ce taux est porté à 100 % au 1er janvier 2025. La notion de "véhicules à faibles émissions" devra cependant être définie par décret.


Plusieurs véhicules pour tous les usages


Il existe plusieurs catégories d'autobus électriques, en fonction de la demande et des besoins. Les industriels proposent des véhicules de taille différente, allant des navettes 16 places aux bus de 12 mètres de long pouvant accueillir 90 passagers. L'offre de minibus est déjà développée, tandis que celle pour les bus de 12 mètres est en cours de constitution. Les modèles équivalents en capacité aux thermiques, bus articulés notamment, restent encore à concevoir.

L'existence de cette obligation légale d'équipement en véhicules à faibles émissions stimule ainsi la commande publique et incite les industriels à développer de nouveaux modèles.



Pour des circuits touristiques, il est également possible de s'orienter vers des shuttles électriques. Certains véhicules ne sont cependant pas homologués pour la circulation sur route et se destinent ainsi à un usage interne, le transport de personnes au sein d'un parc de loisirs comme au Puy du Fou.

En plus de la capacité d'accueil, il est important de prendre en compte les besoins en autonomie et les modes de recharge souhaités. La recherche d'une grande autonomie réduit par exemple la capacité d'accueil du véhicule, afin de pouvoir embarquer les packs batteries nécessaires.

Découvrez les différents modèles de bus existants en cliquant ici.


Des technologies de recharge innovantes


Les industriels proposent plusieurs solutions de recharge pour autobus. Qu'elle s'effectue au centre-bus ou durant le parcours, plusieurs moyens sont disponibles et offrent chacun des avantages spécifiques en fonction des usages.

La recharge "traditionnelle" par câble s'effectue la nuit au dépôt, une fois l'exploitation terminée. Elle se fait généralement sur de la recharge normale, afin de ne pas perturber le réseau électrique. Cette solution simple a d'ailleurs été choisie par la RATP pour la recharge de ses bus électriques. Il est également possible d'intégrer une solution de recharge rapide en bout de ligne, afin de garantir une exploitation continue du service.

La méthode dite du "biberonnage" consiste à relier le bus à un totem accumulateur d'énergie grâce à un bras télescopique situé sur le toit du véhicule. Cette technologie de recharge ultra-rapide permet ainsi de récupérer suffisamment d'énergie pour rejoindre le prochain arrêt, où le bus se rechargera à nouveau. Ainsi, on peut parler d'autonomie "illimitée". Le temps d'arrêt moyen pour la montée des voyageurs est d'une trentaine de secondes, laissant suffisamment de temps au véhicule pour s'accrocher au totem et se recharger. En cas de besoin, un pack batterie de sécurité prend le relais pour assurer les kilomètres supplémentaires nécessaires. Cette méthode a été choisie en 2014 pour la navette de l'aéroport de Nice.



Une autre solution de recharge rapide basée sur le principe du biberonnage est disponible, utilisant cette fois-ci un pantographe. Cette technologie est déjà utilisée pour la recharge électrique de trains et de tramways. A son arrivée, le véhicule communique avec le chargeur via une liaison sans fil. La ville de Namur s'est récemment dotée de bus hybrides électriques et d'un tel système électrique pour desservir sa zone zéro-émission.

Technologie d'avenir, l'induction peut également être employée pour recharger les véhicules. Encore absente en France, cette technique est utilisée à Berlin avec une solution produite par le groupe canadien Bombardier. Lorsque le bus s'arrête à une station équipée d'un système de recharge enfoui sous terre, la bobine de recharge embarquée s'abaisse et la transmission d'énergie peut commencer. La recharge ne dure que le temps de la montée des passagers et peut reprendre à la station suivante, offrant là encore une autonomie illimitée.



Le coût varie selon le système choisi et le nombre de points de recharge. La recharge par câble au centre-bus a l'avantage d'être moins chère que les systèmes de recharge embarqués car elle nécessite moins d'installations. Les coûts d'achat de l'électricité sont également réduits, puisque la recharge peut s'effectuer de manière lente durant les heures creuses. Cependant, cela oblige les véhicules à embarquer suffisamment de pack-batteries pour avoir l'autonomie nécessaire pour parcourir plusieurs fois la ligne.


De nouvelles technologies en cours de développement


Les industriels travaillent activement pour répondre à la demande des collectivités, en leur proposant de nouveaux modèles de véhicules ou de nouveaux carburants alternatifs comme par exemple les bus à hydrogène. Le déploiement d'une flotte de véhicules à batterie hydrogène nécessite l'installation d'une station de recharge au centre-bus, et le coût induit doit être pris en compte dès le départ. Pour l'instant, cette technologie est peu présente en France, seules quelques expérimentations grandeur nature sont en cours comme à Chalon-sur-Saône. On espère voir circuler entre 200 et 300 bus électriques hydrogène d'ici à 2020.


Illustrations : © Droits réservés

Permalien :