Association nationale pour le développement de la mobilité électrique
Espace Adhérent
Mon compte
Mot de passe oublié
Nouvel adhérent
Devenir adhérent

La pile à combustible, avenir de la mobilité électrique

Complémentaire à la batterie, la pile à combustible permet au véhicule électrique de prolonger son autonomie sur des dizaines de kilomètres et de multiplier le champ des usages. Encore onéreuse, la technologie se destine aujourd'hui principalement aux flottes captives d'entreprises avant que ne se développent des infrastructures de ravitaillement en hydrogène.
La pile à combustible, avenir de la mobilité électrique

L'arrivée des premiers véhicules pile à combustible, que ce soit dans le cadre d'une commercialisation à petite échelle, comme chez Hyundai ou Toyota par exemple, ou d'expérimentations comme le projet HyWay mené en coopération par La Poste et SymbioFCell, fait de cette nouvelle mobilité une réalité incontestable.


Complémentarité avec les batteries de véhicules électriques


Cette technologie est aujourd'hui opérationnelle et doit être encouragée. En effet, elle représente des avantages non négligeables :

  • Avantage écologique en phase d'usage : la pile à combustible vient en complément des batteries, dont les capacités sont limitées. Elle permet ainsi à des véhicules 100% électriques de parcourir plusieurs centaines de kilomètres en ne rejetant que de l'eau. Grâce à elle, la mobilité électrique peut désormais couvrir tous les usages.

  • Confort d'utilisation : le temps de remplissage d'un réservoir hydrogène répond également aux usages grandes distances sans perdre du temps comme lors de la recharge de la batterie.

  • Développement des énergies renouvelables : la production d'hydrogène avec de l'électricité renouvelable constitue une solution de stockage intéressante, et donc une des réponses au problème de l'intermittence.

  • Par conséquent, l'hydrogène est complémentaire de la batterie dans les nouveaux véhicules à traction 100% électrique. Elle vient en effet élargir le champ des usages éligibles à la mobilité électrique et doit rentrer dans le mix énergétique des mobilités de demain.


    Des défis à relever pour l'avenir de la filière hydrogène


    Cependant, plusieurs obstacles restent à franchir avant que ce vecteur énergétique ne constitue l'une des options pour les motorisations proposées aux français. En effet, la France a du retard à rattraper dans plusieurs domaines :

  • La production d'hydrogène constitue le premier de ces freins. Aujourd'hui encore fortement carbonée en France, elle ne représente pas un avantage écologique majeur. Ainsi, il convient d'encourager le recours à l'électricité renouvelable pour garantir l'intérêt du développement de ces motorisations.

  • Le réseau de distribution, particulièrement énergivore, est aujourd'hui quasi inexistant et nécessite de coûteux investissements. En effet, un pipeline existe d'ores et déjà entre la France, la Belgique et les Pays-Bas, mais il est réservé aux seuls industriels.
  • Dans ce cadre, le développement d'une production et d'une consommation locales est aujourd'hui à privilégier.

  • Les stations de remplissage constituent elles aussi un enjeu majeur en France. En effet, l'absence de réseau d'infrastructures de ravitaillement en France est un obstacle à l'utilisation de ce type de véhicule. Le maillage doit donc être développé progressivement et correspondre aux usages de ce type de véhicules, notamment par des flottes captives. Dans ce cadre les financements, notamment européens (programme TEN-T) ont un rôle essentiel à jouer pour faire baisser les coûts d'investissement des opérateurs privés.

  • Le coût : Bien que le confort pour l'utilisateur soit incontestable (plein en 5 min pour 500 km), le prix de l'hydrogène est 2 à 3 fois plus élevé que celui des carburants traditionnels (13 €/kg s'il est produit par électrolyse). Les véhicules sont également coûteux à produire et donc chers à l'achat.

  • La sécurité : Les véhicules à pile à combustible utilisent de l'hydrogène qui est encore considéré comme un gaz à risque. Les solutions technologiques implémentées dans les véhicules répondent aux contraintes de sécurités et garantissent un usage en toute sécurité. En revanche, c'est le risque de fuite en milieu confiné (parking en ouvrage) qu'il faudra traiter en adaptant la règlementation relative au parking pour ce type de véhicules afin d'en assurer un développement sans risque.


  • Une mobilité d'avenir à développer progressivement


    Les avantages incontestables de la pile à combustible en font une solution de mobilité à développer. Face aux nombreux obstacles qu'elle rencontre aujourd'hui, il convient cependant de prendre le temps de l'expérimentation avant de passer à la phase de commercialisation à grande échelle. Le Consortium Mobilité France Hydrogène préconise de démarrer avec des stations 350 bars à destination de flottes captives, ce qui permet de les dimensionner précisément pour réduire les coûts.

    Le développement de corridors hydrogène doit notamment être privilégié pour élargir le champ de cette mobilité. Les projets aujourd'hui menés par certains territoires français (Manche, Grenoble, Lyon) doivent ainsi être encouragés. Le conseil régional de Basse-Normandie va à ce titre installer 15 stations-service hydrogène à partir de 2015 et jusqu'en 2018. Le projet global affiche un coût de 8 millions d'euros, endossé à moitié par l'Union Européenne.


    Illustration : © Droits réservés

    Permalien :