Association nationale pour le développement de la mobilité électrique
Espace Adhérent
Mon compte
Mot de passe oublié
Nouvel adhérent
Devenir adhérent
Bannière

Rapport SCelecTRA : zoom sur l'avenir de la voiture électrique

Le projet européen "Scénarios pour l’électrification du transport" (SCelecTRA) avait été sélectionné il y a 3 ans pour étudier, dans le cadre du programme ERANET-Électromobilité+, les politiques publiques en faveur de la mobilité électrique et leurs impacts environnementaux. Le rapport utilise une méthodologie complexe pour exposer divers scénarios de l'avenir de l'électromobilité en 2030. Zoom sur ses détails !
Rapport SCelecTRA : zoom sur l'avenir de la voiture électrique

Le projet SCelecTRA est le fruit d'un partenariat entre IFP Energies Nouvelles, IFFSTAR, Kanio, EIFER et Thinkstep. Coordonné par l'IFP Energies Nouvelles, le projet avait pour objectif d'identifier les conditions pour la création d'une mobilité à faibles émissions de façon pérenne d'ici 2030.

De 2012 jusqu'à 2015, les participants au projet ont étudié les politiques publiques des pays européens et leurs effets sur le changement climatique, en analysant quelles mesures impactaient le plus le développement de la mobilité électrique et hybride sur route. Grâce à une méthodologie complexe, les chercheurs ont élaboré 64 scénarios qui décrivent l'avenir de l'électrification du transport en Europe de façon plus ou moins optimiste.

Une fois la part des véhicules électriques dans le marché européen déterminée, les auteurs de l'étude ont pu estimer la réduction des émissions de CO2 dans le secteur du transport européen.


Une méthodologie complexe


L'électrification du transport, telle que comprise par le projet européen SCelecTRA cible le véhicule électrique particulier. Les auteurs de l'étude ont inclus dans ce terme le 100 % électrique, ainsi que les hybrides rechargeables.

Leurs observations ont donné lieu à plus de soixante scénarios de pénétration des véhicules électrifiés dans le marché européen. Pour élaborer ces scénarios, les chercheurs ont scindé les politiques publiques pour le développement de la mobilité électrique selon qu'elles portent sur l'offre ou sur la demande :

  • les politiques de l'offre agissent sur le prix de l'énergie, l'infrastructure de recharge et l'efficacité des moteurs à combustion interne des hybrides rechargeables
  • les politiques portant sur la demande englobent la mise à la casse, les subventions à l'achat, les taxes sur le CO2 et les actions sur les carburants.

Dans l'élaboration des hypothèses, les chercheurs ont également tenu compte des différences culturelles entre les pays (les mêmes mesures peuvent avoir un impact contradictoire selon les pays), des écarts en termes de PIB par habitant, de la planification spatiale urbaine et de la densité de la population urbaine. De même, la composition actuelle des flottes nationales a été prise en compte ainsi que la maturité du marché dans chacun des États.


Quels politiques publiques pour une mobilité électrique et hybride établie ?


Les politiques publiques les plus favorables identifiées par les participants au projet réunissent :

  • Une infrastructure de recharge fortement développée
  • Un niveau élevé des prix de l'énergie dérivée du pétrole
  • Une plus grande efficacité des moteurs à combustion interne
  • Un programme de mise à la casse pour accélérer la sortie des véhicules thermiques
  • Subventions à l'achat de véhicules électriques
  • Une action spécifique sur les taxes sur le carburant
  • Une taxe élevée sur le CO2
  • Réductions sur les tarifs d'électricité

Parmi ces facteurs, certains conduisent à plus d'efficacité que d'autres. Le déploiement des infrastructures de recharge et les prix élevés de l'énergie sont des facteurs déterminants de l'essor de la mobilité électrique. De même, les programmes de mise à la casse et les aides à l'achat de véhicules électrifiés apparaissent plus favorables à la démocratisation de la mobilité électrique que les taxes sur les carburants ou l'amélioration des moteurs à combustion interne.

Par conséquent, les auteurs soulignent que les États européens devraient cibler les programmes de mise à la casse et le déploiement d'infrastructures de recharge dans leur stratégie nationale de développement de la mobilité électrique. Par ailleurs, ils doivent chercher cumuler les effets des politiques incitatives et non les politiques elles-mêmes. De cette façon, l'électromobilité peut se retrouver dans une position prospère, même dans des hypothèses moins optimistes.


Scénario optim


Des scénarios favorables même dans les hypothèses les moins optimistes


À cause de la diversité culturelle, sociale et économique, au niveau européen les véhicules électriques et hybrides rechargeables occuperont 14 % du marché automobile, selon le scénario le plus optimiste. De l'autre côté, selon le scénario le plus pessimiste, en 2030 l'Europe aura intégré sur le marché automobile, les véhicules électriques à 1 % et les véhicules hybrides rechargeables à 3 %.

Dans ce contexte, les plus grands marchés européens seront l'Allemagne, la France, Italie, le Royaume Uni et l'Espagne.

En France, l'hypothèse la plus favorable fait état d'une part de marché automobile de 26 % pour les voitures électriques en 2030. Le scénario le moins optimiste amène ce pourcentage à 18 %, c'est-à-dire 18 fois plus qu'aujourd'hui ! Ces pourcentages montrent que la part des véhicules électriques augmentera avec certitude y compris dans la situation la moins optimiste. Cette prédiction favorable s'explique par les nombreuses politiques françaises de soutien, comme l'aide à achat, la prime à la conversion, le crédit d'impôt, ou encore les bénéfices offerts aux propriétaires de véhicule électrique.

Quant aux autres pays, le scénario le plus favorable au développement de la mobilité électrique annonce une part de marché de 34 % en Allemagne, 32 % en Espagne, 27 % en Italie et 28 % au Royaume Uni. Dans la perspective la plus pessimiste des hypothèses, en 2030 les voitures électriques représenteront 20 % des ventes en Allemagne, 11 % en Espagne, 18 % en Italie et finalement 17 % des ventes au Royaume Uni.

Tous ces scénarios, indifféremment de leur degré d'optimisme, surprennent au vu des effets spectaculaires sur les émissions de CO2. Ces émissions seront réduites d'au moins 30 % en 2030 par rapport à 2010. Et cela, en dépit d'une mobilité des personnes croissante, avec 17 % de plus entre 2010 et 2030.


De plus, selon le rapport, le développement de la mobilité électrique n'impactera pas le réseau électrique. La demande additionnelle d'électricité sera en 2030 une faible part de la demande totale d'énergie du transport routier et de la demande totale d'électricité tous secteurs compris.


scénario pesim


Photo en une : © Droits réservés
Illustrations : © SCelecTRA

Permalien :