Association nationale pour le développement de la mobilité électrique
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Quels leviers pour développer la mobilité électrique en Ile-de-France?

La Région Ile-de-France, Ile-de-France Europe et l'Avere-France, en partenariat avec EDF et la Caisse des Dépôts, ont organisé vendredi dernier la Journée de l'électromobilité en Ile-de-France. L’évènement a fait le point sur le développement de l'électromobilité dans la région et partagé les retours d'expérience des participants.
Quels leviers pour développer la mobilité électrique en Ile-de-France?

La journée du 5 novembre organisée par la Région Ile-de-France, Ile-de-France Europe et l'Avere-France, en partenariat avec La Caisse des dépôts et EDF s'est inscrite dans le cycle des Journée des territoires électromobiles, après celles d'Aix-en-Provence et du Havre.

Cette démarche à fort caractère pédagogique a rassemblé des acteurs publics et privés autour de deux tables rondes sur les grands enjeux liés au développement du véhicule électrique et des services associés :

  • Pourquoi s'engager dans une stratégie d'électromobilité ? où les discussions se sont penchées notamment sur les leviers de la mobilité durable, y compris électrique.
  • Comment construire un projet d'électromobilité à l'échelle des territoires ? pendant laquelle les participants ont débattu des challenges que les collectivités doivent surmonter pour réussir le déploiement d'un réseau de bornes de recharge.

Des véhicules électriques et infrastructures de recharge associées ont également été exposés durant la journée.


Expo journée életcromobilité IDF


Paysage de la mobilité électrique en Ile-de-France


En introduction à la première table ronde "Pourquoi s'engager dans une stratégie d'électromobilité ?", Sandrine Gourlet, Directrice des Transports, au sein de la Région Ile-de-France a présenté la stratégie régionale d'électromobilité.

Aujourd'hui, avec des flottes privées estimées autour de 4,8 millions de voitures, dont 60 % à diesel et une utilisation de la voiture particulière qui pèse pour 38 % du trafic routier, il existe un fort besoin de mobilité dans la grande couronne. Dans la réponse aux défis environnementaux et aux nécessités de déplacement des Franciliens, la Région a identifié trois leviers :

  • Développer les infrastructures de ravitaillement électriques et gaz. Il est prévu dans le Plan de Déplacements Urbains d'Île-de-France (PDUIF) avec l'installation de 40 000 points de recharge publique, dont 16 000 en voirie. En appui du PDUIF un Plan Régional en faveur de la Mobilité Durable (PRMD) a été adopté. Ce dernier est un outil de mise en œuvre de la stratégie de l'Île-de-France pour la mobilité durable.
  • Développer le transport en commun. Engagement pris par le STIF qui a décidé d'accélérer la transition du parc RATP vers une flotte à 80 % électrique d'ici 2025.
  • Améliorer les émissions des flottes captives. La région veut mettre en place des incitations locales à l'utilisation des véhicules vertueux comme des voies réservées aux véhicules non polluants.

Les effets et les actions suite aux plans régionaux pour la mobilité durable ont été illustré dans l'après-midi par Claire Souet, Chargée de mission Nouvelles Mobilités, Région Île-de-France.



La région compte aujourd'hui 25 000 véhicules électriques en circulation et 6 000 points de recharge. D'ici en 2020, il est prévu d'installer un total 16 000 points de ravitaillement publics. Pour assurer ces résultats, la Région a prévu des aides pour les collectivités et les établissements publics :

  • Aides à l'installation de bornes de 25 % ou 50 % si la borne utilise de l'énergie renouvelable. Ces aides sont cumulables aux celles de l'ADEME, avec toutefois un plafond de 10 000 € HT par borne.
  • Subvention d 30 % sur l'usage partagé de nouveaux véhicules urbains, plafonnée à 200 000 € HT.


Une mobilité électrique aux impulses réglementaires


Les intervenants, Dorothée Coucharrière-Policy Officer à la DG Move au sein de la Commission Européenne, Julien Cotteverte-Manager Business Development de la ZE chez Renault, Vianney Devienne, Responsable Développement de GIREVE, et Véronique Hache Aguilar-Directrice du Syndicat Mixte Autolib'Métropole, ont souligné l'importance de l'électrification du transport.

Par exemple, Julien Cotteverte a insisté sur le bénéfice qualité de l'air suite à l'électrification d'une partie de la flotte. Une étude à Rome a démontré "qu'en remplaçant 20 % du parc roulant existant par de l'électrique, les polluants diminuent de 30 à 45 %".

Toutefois, même si ces effets positifs sont largement connus depuis longtemps, l'offre de mobilité alternative et l'infrastructure nécessaire pour son essor étaient minimales il y a quelques années. Pour stimuler cette offre, la Commission Européenne a imposé aux constructeurs de réduire les émissions de leurs véhicules et aux Etats, de se doter d'un cadre pour le développement des carburants alternatifs via la directive du 22 octobre 2014. Dans le même temps, des financements ont été ouverts à travers des programmes européens pour accompagnement ce changement.

Ces mesures permettent au continent européen, d'être, comme Julien Cotteverte l'a constaté, l'une des trois zones les plus actives : "l'électrique est un marché jeune, mais en forte croissance en Europe et la France joue un rôle important". En effet, plus de 45 000 véhicules électriques ont été immatriculés en 2015 à ce jour sur le Vieux Continent.

Du côté de l'infrastructure, la France est aussi en bonne voie. Il existe "10 161 points de recharge accessibles, portés par l'autopartage (50 %)", a affirmé Vianney Devienne. Par exemple, le réseau de bornes d'Autolib' "une initiative des élus franciliens", selon Véronique Hache, est "le plus dense du monde. Il permet aux Franciliens de recharger leurs véhicules particuliers".

Reste maintenant à rendre l'infrastructure développée par les acteurs publics et privés interopérable, pour permettre à tout utilisateur de se recharger qu'il soit ou non abonné à son opérateur. Si cet objectif est obligatoire (contenu dans la directive européenne), la manière d'y parvenir a pu faire débat.

Toutefois, avant cela, les collectivités locales doivent franchir des obstacles qui commencent avec la peur de mal investir. C'est exactement sur ce sujet des défis que la deuxième table ronde s'est penchée.


Expo journée életcromobile IDF


Identifier et surmonter les défis du déploiement de bornes de recharge


Les participants à la deuxième table ronde, Adeline Gogé-Lefaivre, Directrice commerciale chez Greenovia, André Sobreira-Ingénieur mobilités et déplacements à l'EPAMARNE, Bruno Flinois-Président de MOPeasy, Gabriela Barrera-Deputy Director chez POLIS et Laurent Candelier-Directeur du Projet Régional "Véhicule Électrique" au sein du Conseil Régional Nord-Pas de Calais ont débattu essentiellement les défis rencontrés par les collectivités à l'installation d'un réseau de recharge électrique.


Expo journée életcromobile IDF


La représentante du réseau européen Polis, Gabriella Barrera a ouvert les interventions en nommant les principaux défis que les collectivités doivent relever :

  • L'interopérabilité : les collectivités doivent proposer le partage des données nécessaires.
  • Les nombres des points de recharge et leur emplacement des points de recharge : une façon d'optimiser l'investissement serait, selon les intervenants, la prise en compte des types d'usages des bornes et l'étude des endroits stratégiques qui devraient accueillir les points de recharge.
  • Les coûts relatifs au raccordement au réseau électrique : les maîtres d'ouvrage doivent "tenir compte des particularités des terrains, afin d'éviter les ruptures de puissances", a ajouté Adeline Gogé-Lefaivre.
  • L'entretien des bornes.

Adeline Gogé Lefaivre a ajouté à cette liste le choix de l'infrastructure, la délimitation des compétences entre les collectivités et le modèle économique à adopter pour exploiter l'infrastructure. Ce dernier défi a été mis en évidence également par Bruno Flinois, le Président de MOPeasy avec l'exemple de Marne la Vallée. La collectivité a réussi le démarrage d'un système d'autopartage électrique avec plus de 1 000 abonnés. Dans le même temps, elle a impulsé une politique de mobilité électrique multimodale intégrant autopartage, vélos, service d'information et covoiturage.

Parmi les enjeux cités, les collectivités locales devraient être spécialement vigilantes concernant la puissance des bornes, leur implantation, la communication, la compétence et le choix de prestataires. "Une bonne communication est primordiale", ont répété les intervenants à plusieurs reprises : donner une bonne visibilité à un projet de déploiement garantit l'utilisation des bornes. Ainsi face à toutes ces questions, un accompagnement professionnel est parfois nécessaire pour dépasser les freins qui empêchent les collectivités à investir. Un avis partagé par André Sobreira qui a réitéré "être bien conseillé est primordial, avant le projet et pendant".


Participants journée électromobile IDF

L'Avere-France remercie ses partenaires et au participants pour l'organisation et le bon déroulement de cette dernière journée électromobile de l'année 2015.


Retrouvez la présentation complète de la Journée de l'Electromobilité dans votre espace adhérents !


Photo en une : © Avere-France

Illustrations : © AME et © Avere-France

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