Association nationale pour le développement de la mobilité électrique
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GIREVE : "l’itinérance de la recharge en service sur une dizaine de réseaux dès le 2e trimestre"

GIREVE a élaboré avec la FNCCR un cadre de coopération destiné à faciliter un accès ouvert aux réseaux locaux de recharge en cours de constitution, à l’aide de la plateforme d’interopérabilité que la société a développée. Déjà plusieurs syndicats d’énergie ont signé la convention, tandis que les entreprises chargée de la supervision finalisent une à une leur connexion. Selon son président, Bruno Lebrun, "cela permet à tous les badges de recharge existants d’étendre leur couverture et à de nouvelles solutions d’apparaître sur le marché".
GIREVE :

Avere-France : Vous annoncez la signature d'un cadre de coopération avec la FNCCR pour rendre interopérable l'accès aux services de recharge publics que mettent en place les collectivités territoriales. En quoi consiste cette convention ?

Bruno Lebrun : Une précision d'abord sur ce que recouvre l'interopérabilité. On dit ici qu'un réseau de recharge est interopérable quand l'une de ses bornes est visible et accessible par n'importe quel utilisateur de véhicules électriques, même abonné d'un opérateur tiers.

Notre objectif commun avec la FNCCR est d'aider les collectivités territoriales qui déploient des bornes de recharge à développer l'interopérabilité de leurs réseaux. C'est pour elles une obligation contractuelle définie par l'ADEME comme contrepartie du financement public. Ce sera bientôt une exigence réglementaire introduite par la directive européenne de 2014 sur les carburants alternatifs, dont la transposition est attendue en 2016. On doit pouvoir facilement trouver une borne libre et nul ne peut essuyer un refus de charge au prétexte qu'il n'a pas le bon badge RFID ou la bonne application sur son smartphone...


Combien de réseaux de recharge sont aujourd'hui connectés à la plateforme de GIREVE ?

Il faut deux conditions pour qu'un réseau de recharge supervisé soit connecté à GIREVE : la première est que son aménageur ait formalisé un accord avec GIREVE. C'est justement l'objet de cette convention cadre avec la FNCCR, déjà déclinée avec 11 collectivités comme en Vendée, en région parisienne, dans le Morbihan, l'Eure-et-Loir, l'Aisne, l'Allier ou encore la région Poitou-Charentes.

La deuxième condition est technique : il faut que l'outil de supervision utilisé sur ce réseau soit interfacé à GIREVE. Certains sont déjà connectés (G2Mobility, Sodetrel, MOPEasy, Cofely-Ineo, CNR), d'autres finalisent ou testent cette interface (SPIE, Bouygues Energies et Services).

Aujourd'hui, la plateforme GIREVE agrège les informations dynamiques (statut d'occupation et de fonctionnement) de plus 1000 points de charge dont 150 points de charge publics. Ce chiffre va évoluer rapidement dans les prochains mois une fois les outils de supervision définitivement connectés.


Cela veut donc dire que l'itinérance de la recharge est déjà en œuvre aujourd'hui ?

Presque ! Je veux dire par là que GIREVE est prêt à répondre aux sollicitations des opérateurs de l'écosystème : sa plateforme technique est opérationnelle et l'offre commerciale définie.

Mais l'itinérance, c'est un peu comme une cerise sur un gâteau… Pour poser la cerise, il faut bien le gâteau !!! Je m'explique : pour rendre la recharge des véhicules électriques itinérante, il faut des opérateurs de recharge d'une part (ils ont les bornes) et des opérateurs de mobilité, d'autre part (ils ont les clients). Bref, il faut un écosystème…

Cet écosystème émerge en un temps record. 2016 sera l'année des déploiements d'infrastructures de recharge : l'écrasante majorité des 20 000 points de recharge publics annoncés dans le cadre de l'AMI de l'ADEME devraient être déployés et ouverts au service à partir de 2016.

Dès le deuxième trimestre 2016, GIREVE sera en mesure d'opérer l'itinérance sur au moins une dizaine de réseaux de recharge français (publics et privés) représentant entre 500 et 1000 points de charge publics.


Le GIREVE est l'un des membres fondateurs de l'AFIREV créée il y a près d'un an. Quels sont aujourd'hui les sujets sur lequel travaille l'association ?

Il y a de nombreux sujets sur lesquels la concertation des acteurs de la filière va être nécessaire. L'AFIREV doit jouer ce rôle d'organe de concertation. Le premier sujet sur lequel l'AFIREV s'est penchée est l'identification des stations et points de recharge en cohérence avec ce qui se passe dans d'autres pays européens. Pour assurer cette fameuse itinérance à l'échelle européenne, il faut en effet un plan de nommage unique et non ambigu de toutes ces stations et points de charge et une autorité centrale pour gérer cette unicité.


Une des différences entre GIREVE et l'AFIREV est justement que votre activité n'est pas philanthropique ! Quel est le modèle économique choisi par GIREVE pour garantir sa viabilité ?

GIREVE est effectivement un opérateur d'intermédiation, tandis que l'AFIREV est une association professionnelle. GIREVE se rémunère auprès des opérateurs de mobilité, c'est-à-dire tous ceux intéressés par les données ou l'accès à de l'infrastructure de recharge qui n'est pas la leur. GIREVE se rémunère sur cette fonction d'intermédiaire. Un opérateur mobilité qui souhaiterait rendre ses abonnés capables de trouver et d'utiliser un point de recharge d'un réseau connecté à GIREVE serait facturé à terme, de l'ordre de 15€ / abonné / an.


Pourquoi le modèle d'une plateforme centrale est plus à même de réaliser l'intention des pouvoirs publics de favoriser l'interopérabilité des réseaux de recharge ?

Une plateforme d'itinérance apporte une solution au besoin d'itinérance d'autant plus élégante et économique que le nombre d'opérateurs sur le marché est élevé… Or nous en comptons d'ores et déjà près de 75, ne serait-ce que sur le marché français. C'est vous dire en Europe !

Une plateforme centrale facilite la mise en relation de l'offre et de la demande de services de recharge. Elle réalise en temps réel l'échange de données d'identification client et de facturation entre opérateurs et permet à chacun de se rémunérer sur les services qu'ils auront délivrés pour des tiers.

Nous sommes nombreux à partager la conviction que le modèle d'une plateforme d'itinérance pour l'interopérabilité, assurant une fonction de tiers de confiance, est de nature à simplifier l'ensemble des échanges, à faciliter l'apparition de standards, le développement de nouveaux services et à promouvoir l'innovation partout sur le territoire.


Photo de couverture : © S. Vervisch
Illustration : © GIREVE

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