Association nationale pour le développement de la mobilité électrique
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Flottes d’entreprises : comment améliorer le TCO du véhicule électrique

L’Observatoire du Véhicule d’Entreprise a publié l’édition 2016 de son incontournable TCO Scope. L’étude permet de suivre le coût d’usage des véhicules des flottes d’entreprise au regard des différentes motorisations disponibles sur le marché. La démonstration est claire : le véhicule électrique n’est aujourd’hui pas suffisamment compétitif par rapport aux équivalents thermiques. Un problème majeur, qui pourrait être surmonté si des leviers étaient mis en place. Retrouvez les propositions de l’Avere-France.
Flottes d’entreprises : comment améliorer le TCO du véhicule électrique

Les conclusions du TCO Scope 2016 de l'Observatoire du Véhicule d'Entreprise constituent une juste piqûre de rappel pour la filière de la mobilité électrique. En l'état actuel des choses, le véhicule électrique est encore bien trop cher pour un gestionnaire de flottes d'entreprise pour être introduit à grande échelle.


Le diesel majoritaire, l'électrique tient grâce aux utilitaires


Parmi les quelque 730 000 immatriculations de véhicules particuliers et utilitaires recensées en 2015, un peu plus d'1% d'entre elles porte sur des motorisations 100% électriques, soit 7 467 unités. Des chiffres en augmentation de 20%, mais qui restent à la traîne si l'on regarde le rythme de progression du marché de l'électrique au global en 2015 (+47%). Et si l'on ôte les utilitaires, la part de marché tombe à 0,76%…

Ainsi, si les pouvoirs publics plaident pour une sortie du diesel, "les entreprises restent fidèles au gazole", explique l'Observatoire du Véhicule d'Entreprise. Les gros rouleurs s'y retrouvent davantage avec une consommation moindre que sur l'essence, moins d'émissions de CO2 et une fiscalité avantageuse avec une TVA déductible à 80% pour les véhicules particuliers et 100% sur l'utilitaire. Rien de surprenant donc à ce que les gestionnaires de parc choisissent le diesel alors que "leurs usages pourraient les rendre éligibles à diversifier leurs énergies", souligne le rapport.


Le véhicule électrique pas encore assez compétitif


Pourquoi le véhicule électrique ne prend-il pas en entreprise ? La méthode employée par l'observatoire démontre que le coût prévisionnel d'usage du véhicule (TCO), comprenant sa dépréciation, les frais financiers, l'entretien et l'assurance, du véhicule électrique ne lui est pas favorable.

Trois facteurs expliquent ce résultat :

  • le prix d'achat du véhicule électrique reste encore élevé, malgré les incitations financières
  • sa valeur résiduelle est plus faible que sur un thermique, car trop d'incertitudes pèsent sur la valeur de revente du véhicule
  • un coût de l'énergie supérieur si l'on intègre aux coûts de la recharge la location mensuelle de la batterie (4 128 € sur une Renault ZOE Zen) et l'installation d'un point de recharge (480 €)

L'effet se trouve accentué, juge le rapport, par l'autonomie actuelle des véhicules électriques, qui ne leur permet pas d'amortir les coûts d'usage totaux sur un nombre plus élevé de kilomètres.

Le constat doit cependant être relativisé au vu des expériences réussies d'électrification massive comme pour la Poste (plus de 25 000 véhicules électriques, soit la 1ère flotte au monde, ENEDIS (1 000 véhicules) ou encore Hennessy (80% de la flotte électrifiée).

Dans son rapport Infini Drive, la Poste explique être parvenue à optimiser les gains du véhicule électrique en entreprise à partir d'une organisation entièrement repensée et rigoureusement adaptée à ses activités et aux capacités du véhicule. Le secret de la réussite ? Une utilisation intensive pour maximiser les économies faites sur l'entretien et l'exploitation.


L'hybride rechargeable devient trop cher


Du côté des véhicules hybrides rechargeables, la situation n'est pas meilleure à cause de l'abaissement du bonus écologique à 1 000 € contre 4 000 € l'an passé. Les coûts plus compétitifs sur l'entretien et le carburant ne parviennent en effet pas à compenser un prix d'acquisition plus élevé que pour un équivalent thermique.


Les propositions de l'Avere-France


L'enjeu est grand : les immatriculations de véhicules neufs en entreprise pèsent plus de 30% du marché automobile. Que les flottes boudent le véhicule électrique est un problème auquel il convient de s'attaquer pour renforcer la phase de croissance.

Pour généraliser l'introduction du véhicule électrique en entreprise, il faut un électrochoc. L'Avere-France plaide pour la mise en place de deux leviers, propres à améliorer le TCO du véhicule électrique :

  • la mise en place d'une fiscalité attractive pour le véhicule électrique avec une hausse voire une exonération du plafonnement de déductibilité fiscale des amortissements pour les véhicules électriques particuliers. Celui-ci est à ce jour bloqué à hauteur de 18 300 € pour les modèles émettant jusqu'à 200 g de CO2 alors que le coût moyen des véhicules électriques est compris entre 22 000 et 30 000 €
  • l'élargissement de la prime à la conversion de 3 700 € au véhicule électrique d'occasion pour rassurer sur sa valeur à la revente. Les véhicules électriques arrivant sur le marché secondaire resteraient alors moins chers que les neufs, ce qui participera par ailleurs à sa démocratisation vis-à-vis des foyers plus modestes tout en garantissant une valeur résiduelle correcte


Illustration : © Droits réservés

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