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Paris officialise la première zone à circulation restreinte de France

Depuis le 15 janvier 2017, les automobilistes doivent munir leur véhicule d’un certificat qualité de l'air Crit'Air pour pouvoir circuler dans Paris. La capitale est ainsi devenue la première ville de France à disposer d’une zone à circulation restreinte afin de limiter la circulation automobile aux véhicules les moins polluants. La mesure s'étendra progressivement jusqu'à l'interdiction des diesels en 2020. Quelles solutions sont mises en place pour y pallier et comment se passe-t-il concrètement sur les routes ? L'Avere-France fait le point.
Paris officialise la première zone à circulation restreinte de France

De plus en plus nombreuses à travers l'Europe, les zones à circulation restreinte visent à réduire la pollution atmosphérique des villes. En France, le dispositif a été introduit par la loi sur la transition énergétique. Paris est devenue la première ville à s'en emparer avec l'entrée en vigueur de sa ZCR au 15 janvier 2017, adossée aux certificats qualité de l'air Crit'Air. La capitale avait testé depuis juillet dernier la mesure à des fins de sensibilisation de la population, sans application des sanctions.

Les vignettes permettent de donner une indication quant aux polluants émis par le véhicule. Six catégories existent, avec une couleur correspondante et un macaron spécifique pour les véhicules électriques et hydrogène. Elles peuvent être commandées en ligne moyennant 3,70 € (+ frais postaux).


Qui est concerné ?


La zone à circulation restreinte s'applique dans un premier temps aux véhicules interdits depuis le 1er juillet 2016, à savoir les camionnettes et voitures individuelles à motorisation essence et diesel mises en circulation avant le 1er janvier 1997, les deux-roues motorisés antérieurs au 1er juin 2000 et les bus, cars et poids lourds mis en circulation avant le 1er octobre 2001. Ces véhicules sont donc interdits de circulation du lundi au vendredi de 8h à 20h.

Ces restrictions vont progressivement toucher de plus en plus de catégories de véhicules : à partir du 1er juillet 2017, elles seront étendues aux véhicules correspond à la 5ème classe des certificats Crit'Air, soit les Euro 3 diesel pour les poids lourds (immatriculés avant octobre 2006) et les normes Euro 2 diesel pour les véhicules particuliers et utilitaires (immatriculés avant 2001). A ce jour, il est difficile de connaître avec certitude le nombre d'automobiles qui seront impactées par la mesure. Un relevé de plaques d'immatriculation réalisé par la Mairie en 2014 estime qu'elle pourrait concerner 4 % des voitures particulières, 6 % des deux-roues motorisés et 4 % des véhicules utilitaires légers.

A terme l'objectif pour Anne Hidalgo, la Maire de Paris, est d'"éradiquer" à l'horizon 2020 les véhicules essence les plus polluants ainsi que ceux à motorisation diesel. "Ces mesures répondent à une préoccupation environnementale et sanitaire. La pollution de l'air provoque chaque année 2 500 décès prématurés dans la capitale et 6 500 dans la métropole. Et le trafic génère deux tiers des émissions de dioxyde d'azote et plus de 55 % des particules fines dans Paris", rappelle Christophe Najdovski, adjoint à la Maire chargé des transports.



Quelles sanctions ?


Pour circuler, les automobilistes, qu'ils soient résidents ou de passage, doivent arborer de façon visible sur leur pare-brise la vignette Crit'Air. Les automobilistes outrepassant l'interdiction de circuler sont passibles d'une contravention de 3e classe d'un montant de 65 € pour les voitures individuelles et de 135 € pour les poids lourds.

La municipalité restera bienveillante dans un premier temps à l'égard de ceux qui sont habilités à rouler mais qui n'ont pas encore fait l'acquisition de leur certificat. Des contrôles à vocation pédagogique seront toutefois menés afin de les sensibiliser. Le montant de la contravention sera déterminé dans un décret attendu au printemps.

Le mode d'identification des véhicules se fera d'abord visuellement par les agents de police, mais une réflexion est d'ores et déjà en cours pour mettre en place une automatisation des contrôles (comme c'est le cas dans différentes villes européennes).


Un macaron aux usages multiples


Le système servira également à autoriser la circulation aux seuls véhicules les plus vertueux en cas de pic de pollution : à la circulation alternée, la Mairie de Paris substituera donc la circulation différenciée. De la même manière, dès lors qu'ils seront dotés du macaron vert, les véhicules électriques et hydrogènes pourront se stationner gratuitement dans la ville.

La municipalité a assorti l'arrivée de la zone à circulation restreinte de plusieurs aides pour inciter les automobilistes à renoncer à l'usage de leur voiture polluant : subvention à l'achat d'un vélo à assistance électrique, aide à l'installation de bornes de recharge en habitat collectif, remise sur un abonnement Autolib'…

Selon Airparif, les premières interdictions de circuler devraient entraîner une baisse des émissions de 5 % pour les oxydes d'azote (NOx) et de respectivement 3 % et 4 % pour les PM 10 (particule d'un diamètre inférieur à 10 microns) et les PM 2,5 (d'un diamètre inférieur à 2,5 microns).


Des aides pour des modes de déplacements plus propres


Pour aider les Parisiens directement concernés, la Mairie a mis en place en juin 2015 plusieurs aides à destination de plusieurs publics.

Les propriétaires d'un véhicule essence mis en circulation avant 1997, d'un diesel immatriculé avant 2001 ou d'un deux-roues mis à la route avant 2007 et qui le vendent ou le mettent au rebut peuvent bénéficier d'une aide de 400 € pour l'achat d'un vélo, cumulable avec la subvention pour l'acquisition d'un deux-roues à assistance électrique. S'il ne souhaite pas s'équiper d'un vélo, le bénéficiaire peut obtenir une prise en charge partielle de son Pass Navigo et de son abonnement Vélib', toujours à hauteur de 400 €. A date, une centaine d'aides a été distribuée par la ville de Paris.

Les jeunes conducteurs et les anciens propriétaires d'un vieux véhicule peuvent quant à eux bénéficier d'une remise de 50 % à la souscription d'un abonnement annuel à Autolib' accompagnée d'un crédit de consommation de 50 €. En un an, 30 néo-conducteurs ont déjà demandé cette aide auprès de la Mairie.

Dans tous les cas, les subventions versées par la collectivité engagent leur bénéficiaire à ne pas posséder de voiture individuelle pendant une période pouvant aller jusqu'à cinq ans.



Les professionnels également aidés


Les particuliers ne sont pas les seuls à pouvoir bénéficier de subventions de la part de la ville de Paris puisque les professionnels sont également directement concernés par la ZCR. Afin de ne pas pénaliser les entreprises de petite couronne, les professionnels de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine peuvent également prétendre à cette aide.

En échange de la vente ou de la mise au rebut d'un modèle utilitaire immatriculé avant 2006, la mairie de Paris propose une aide à l'acquisition de 15 % du montant hors taxe jusqu'à 9 000 €. Un dispositif qui gagne encore à être connu dans la mesure où aucune aide n'a été attribuée au cours de l'année passée.


Des aides pour les copropriétés


L'absence de points de recharge et d'abris-vélos en habitat collectif est l'un des freins majeurs à l'achat d'un vélo ou d'une voiture rechargeable. La mairie de Paris s'attaque également à ce sujet puisque des aides sont également proposées pour l'habitat collectif, qu'il s'agisse de copropriétés privées ou plus récemment des bailleurs sociaux. Paris prend en charge 50 % du coût des travaux d'installation, dans la limite de 500 € par point de charge et de quatre points par immeuble.

Cinq copropriétés ont déjà bénéficié de la prise en charge pour l'installation d'un abri-vélo. De nombreux bénéficiaires potentiels se sont montrés intéressés par ce dispositif mais pour l'instant, seules deux copropriétés ont été aidées en raison des délais et de la nécessité de valider la demande lors de l'assemblée générale de l'immeuble. Les aides du plan ADVENIR, cumulables avec les subventions locales, devraient également participer au développement des infrastructures de recharge dans les bâtiments d'habitation collectifs en levant le frein financier.


Illustrations : © droits réservés

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