Association nationale pour le développement de la mobilité électrique
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"Un utilisateur de scooter thermique n’a plus d’excuse pour ne pas basculer vers l'électrique !"

Aujourd'hui, l'offre de deux-roues électriques est de plus en plus large et ses caractéristiques correspondent aux usages de mobilité en ville. Cependant, les scooters et motos rechargeables peinent à s'imposer auprès des motards. Quels sont les freins à cela ? Nous avons interrogé Frédéric de Maneville, Directeur Général d’Eccity, sur les solutions possibles pour faire progresser le marché.

Comment se porte aujourd'hui le marché du deux-roues électrique ? L'offre est-elle suffisamment mature et complète pour couvrir l'ensemble des besoins d'un utilisateur d'un scooter thermique ?

Le marché du deux-roues électrique est en croissance forte mais sur une assiette de volume encore confidentielle puisqu'il représente 1,5 % du marché total. L'offre de scooters électriques 50cc est ancienne ; avec les sorties en 2014 des scooters 125 Artelec et C-Evolution, elle est maintenant complète. Des motos sont également disponibles, chez Zero Motorcycles, par exemple.

L'offre est techniquement mature. Par exemple, les autonomies proposées sont fortes : 100 kilomètres pour un Artelec 670 par exemple, donc un utilisateur de scooter thermique n'a plus d'excuse pour ne pas basculer vers l'électromobilité ! Reste la question délicate du prix car beaucoup de consommateurs font encore l'erreur de comparer les prix d'achat au lieu de comparer les prix d'usage. A titre d'exemple, le plein d'un Artelec revient à 0,30 € en heures creuses.


Quels freins à l'évolution du marché avez-vous identifié ? Quelles solutions y apportez-vous ?

Nous identifions aujourd'hui encore deux freins : la question du prix et la question de la recharge.

Nous avons voulu proposer un scooter 125 abordable avec l'Artelec 670. Il est vendu 7 490 € TTC soit 149 €/mois avec un crédit consommation sur 5 ans. Les économies faites sur l'entretien, l'essence et l'assurance permettent d'avoir un retour sur investissement de 4 ans avec un usage à 8 000 kilomètres/an. Acheter un Artelec n'est pas qu'un acte militant écologique, c'est d'abord le plaisir de conduire sans bruit ni pollution et avec une logique économique soutenable à long terme.

Pour la recharge, nous avons intégré un chargeur dans le scooter qui comprend ainsi un câble de 2,5 mètres dans le coffre sous selle, qu'il suffit de dérouler vers n'importe quelle prise 220 V disponible : on ne peut faire plus simple. Pour celui qui a une prise électrique disponible au bureau ou à domicile, le confort d'usage est total : on part avec le réservoir toujours plein et adieu la pompe à essence, ses files d'attente, ses odeurs, …


Le stationnement et la recharge d'un deux-roues électrique sont problématiques, particulièrement en ville. Comment les pouvoirs publics locaux peuvent-ils agir pour favoriser le développement du scooter électrique ?

En effet, le citadin qui ne dispose pas d'un garage est confronté au problème de recharge et, dans une bien moindre mesure, du stationnement. Les pouvoirs publics ont un rôle à jouer, pour cela, ils doivent :

  • Montrer l'exemple et remplacer leur flotte municipale de deux-roues thermiques par des modèles électriques ;
  • Organiser le stationnement des deux-roues en créant des parkings réservés, aujourd'hui insuffisants dans de nombreuses villes ;
  • Equiper ces parkings de prises domestiques E/F étanches à disposition gratuitement des utilisateurs de deux-roues électriques.

Il faut combattre l'idée de stations de recharge lourdes et sophistiquées qui coûtent des milliers d'euros pour passer à de l'infrastructure légère, basse puissance et gratuite. Ainsi un conseil municipal peut se targuer d'offrir sur la voie publique des solutions de recharge pour les deux-roues électriques mais également pour les trottinettes, les téléphones portables… Le coût de l'énergie consommée est négligeable ; c'est la puissance qui coûte cher.

Une idée séduisante émise lors du dernier groupe de travail de l'Avere-France sur le sujet est de transformer chaque dernière place de stationnement voiture sur la chaussée avant un feu tricolore en place de parking deux-roues électrique. L'énergie est disponible à faible coût en effectuant un piquage basse tension sur le réseau du feu tricolore, et la visibilité gagnée augmente la sécurité du carrefour. C'est une solution gagnant-gagnant !


Illustration : © droits réservés

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