Association nationale pour le développement de la mobilité électrique
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A la rencontre des territoires électromobiles : le SyDEV (Vendée)

Lauréat d’un Trophée des territoires électromobiles en 2015, le SyDEV a installé en Vendée un réseau de recharge souvent qualifié d’exemplaire et expérimente déjà de nouvelles solutions comme le projet City Charge. Quels sont les ingrédients pour un déploiement réussi ? Nous avons interrogé Pascal Houssard, Directeur général adjoint, pour connaître la réponse.
A la rencontre des territoires électromobiles : le SyDEV (Vendée)

L'Avere-France a créé en 2010 les Trophées des Territoires Electromobiles pour récompenser les collectivités territoriales et les syndicats d'énergies au regard de leur engagement en faveur de la mobilité électrique. Cette année, les Trophées des Territoires Electromobiles seront remis aux lauréats le 13 décembre au Ministère de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer. L'événement est organisé en partenariat avec Bemobi, La Caisse des dépôts, EDF, GIREVE, le Groupe La Poste, Mobivia Groupe, Polis, Renault et l'UGAP.

En anticipant la remise de prix, l'Avere-France souhaite faire le point avec les lauréats des éditions précédentes pour valoriser leurs avancées et apprécier leur engagement. Nous rencontrons cette semaine Pascal Houssard, Directeur général adjoint du SyDEV.


Avere-France : Vous avez récemment remis la 1 000e carte d'accès à votre réseau de recharge. Quel bilan pouvez-vous faire à ce jour de l'utilisation des bornes ?

Pascal Houssard : Nous sommes aujourd'hui plus exactement à 1 100 badges distribués ! Pour bien cadrer les choses, notre réseau compte 81 bornes, dont 7 en rapide. Au vu de la fréquentation actuelle, nous pensons terminer l'année avec un total de 15 000 recharges. Nous observons une pointe particulièrement importante pendant l'été et le weekend, c'est ici la preuve que le réseau a une force d'attractivité pour les itinérants.

Cette dynamique est le fruit de quatre facteurs interdépendants : l'infrastructure, la gratuité du service, la structuration territoriale propre à la Vendée et le dynamisme commercial. Le SyDEV entretient en effet de très bonnes relations avec les concessionnaires auto qui ont bien compris l'intérêt de sensibiliser leurs clients à l'existence du réseau. Avec tous nos efforts conjoints, la Vendée obtient un taux de pénétration du véhicule électrique de 2,4%, qui est largement supérieur à la moyenne nationale.

Sur le point de la tarification du service, nous avons bien conscience que la gratuité du service a eu un effet d'encouragement non négligeable, même s'il est difficile à quantifier. Notre démarche va évoluer. Déjà, nous demandons depuis le 1er janvier le règlement d'un droit forfaitaire de 10 € pour une utilisation illimitée des bornes. C'est en réalité une étape transitoire avant le renouvellement général de notre marché à l'été 2017 dans lequel nous adresserons un lot spécifique pour la monétique. L'ambition est de proposer un système tarifé dans le courant 2017-2018 harmonisé dans toute la région Pays de la Loire. C'est une volonté aujourd'hui partagée par tous les présidents des syndicats d'énergie.


Le service compte aujourd'hui deux années d'exploitation. Quel retour pouvez-vous faire sur l'état général des bornes ? En Norvège, nous nous étions aperçus que le matériel était parfois malmené…

Nous n'avons pas observé d'actes de dégradation volontaire ou de malveillance. En revanche, il est vrai que la robustesse du matériel gagnerait certainement à être renforcée au vu de leur utilisation en libre-service, en prenant modèle sur les équipements de distribution de carburant. Les non-habitués au service ont parfois tendance à forcer au moment de brancher leur câble…

Nous avons également pu observer que certaines bornes pouvaient parfois disparaître des systèmes de supervision à cause d'une connexion trop faible au réseau 2G. Il y a tout intérêt à vérifier la puissance du signal réseau avec des appareils de mesure avant d'installer une borne.



De nombreuses collectivités sont aujourd'hui en cours de déploiement de leur réseau. Quels conseils pourriez-vous leur adresser pour maximiser la visibilité et l'utilisation des bornes ?

Le premier conseil que je donnerais serait d'être pragmatique et souple. Prenons notre cas : à la lueur des disparités observées dans l'utilisation des bornes, nous avons abandonné notre plan initial d'installation de 349 bornes. Il s'avère qu'aujourd'hui, les bornes de recharge rapide concentrent 35% des recharges et l'une d'entre elles représente même 17%. Nous allons donc à l'avenir installer plus de bornes rapides et sortir de la logique de "saupoudrage" pour affiner davantage le maillage du territoire.

Nous observons ainsi une totale proportionnalité entre l'utilisation de la borne et l'importance du flux routier : une borne de recharge normale/accélérée placée dans une petite commune mais située sur un grand axe sera toujours plus fréquentée qu'une borne placée dans une commune de plus grande importance mais pas sur un axe majeur. Il faut aussi garder à l'esprit que l'attractivité de la borne dépend des services et commerces disponibles du quartier dans lequel elle se trouve. Les centres villes ne doivent surtout pas être négligés. Un utilisateur aura alors tendance à recourir à la recharge pour bénéficier des facilités de stationnement.

Sur la phase d'exploitation, l'expérience montre qu'il ne faut pas directement chercher à aller sur le terrain de l'équilibre, sous peine de proposer des tarifs dissuasifs. En revanche, il est tout à fait possible de différencier la tarification entre l'abonné et l'utilisateur ponctuel à la faveur des usagers habituels.

Les autres conseils que je pourrais donner relèvent presque de l'évidence : signer les accords d'interopérabilité et d'itinérance, identifier les bornes sur tous les supports publics et privés de géolocalisation, communiquer abondamment…


Vous avez inauguré en septembre dernier le projet expérimental Citycharge de recharge sur le réseau d'éclairage public. En quoi cela va-t-il selon vous contribuer au développement de l'électromobilité ?

Nous attendons beaucoup de cette recharge sur voie publique sans travaux, peu impactante et économique. C'est une vraie solution pour ceux qui n'ont et n'auront jamais la possibilité de s'équiper de points de recharge privatifs. D'une puissance de 3,7 kW de puissance, la City Charge permettra aux utilisateurs de récupérer 50 km de leur autonomie en deux heures de stationnement.

L'avantage qu'elle présente est de se greffer à un réseau existant et, qui plus est, de taille incomparable. Nous gérons en Vendée 120 000 points lumineux. Sur une armoire de 20/30 points, il est tout à fait possible d'imaginer en affecter 2 ou 3 à la recharge des véhicules électriques. L'autre atout, c'est que le système est très réversible. Il suffit d'intégrer sur les candélabres proches du trottoir le système de charge au mât, deux simples trous suffisent !

Aujourd'hui, seuls les véhicules de la Roche-sur-Yon et du SyDEV peuvent s'y connecter et les résultats sont déjà très positifs. Si les tests sont concluants, l'accès à la City Charge sera élargi à tous les abonnés du réseau SyDEV et par extension aux abonnés des réseaux avec lesquels des accords d'itinérance auront été signés.


Illustrations : © SyDEV - P. Baudry

Un rendez-vous à prendre !


Le SyDEV donne rendez-vous à la filière et aux amoureux de la mobilité électrique pour la prochaine édition du Vendée Energie Tour du 19 au 24 juin 2017 !

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