Association nationale pour le développement de la mobilité électrique
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A la rencontre des territoires électromobiles : la Ville d'Arras

Lauréate d’un Trophée des territoires électromobiles en 2013, la Ville d'Arras a fait office de précurseur dans l'expérimentation de bornes de recharge dans la région du Nord-Pas-de-Calais et se voulait un modèle d'exemplarité en intégrant des véhicules à sa flotte. Qu'en est-il aujourd'hui ? Retour sur cette expérience territoriale de l'électromobilité que nous a fait partager Samuel Dubie, référent développement durable à la mairie d’Arras.
A la rencontre des territoires électromobiles : la Ville d'Arras

L'Avere-France a créé en 2010 les Trophées des Territoires Electromobiles pour récompenser les collectivités territoriales et les syndicats d'énergies au regard de leur engagement en faveur de la mobilité électrique. Cette année, les Trophées des Territoires Electromobiles seront remis aux lauréats le 13 décembre au Ministère de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer. L'événement est organisé en partenariat avec Bemobi, La Caisse des dépôts, EDF, GIREVE, le Groupe La Poste, Mobivia Groupe, Polis, Renault et l'UGAP.

En anticipant la remise de prix, l'Avere-France souhaite faire le point avec les lauréats des éditions précédentes pour valoriser leurs avancées et apprécier leur engagement. Nous rencontrons cette semaine Samuel Dubie, Référent Développement Durable pour le compte de la Ville d'Arras.


Avere-France : En 2013, vous aviez inauguré la première borne de recharge publique du réseau Nord-Pas-de-Calais qui devait en compter 1250, avez-vous connu des difficultés du fait d'être précurseurs ?

Samuel Dubie : Non pas spécialement. A l'époque la compétence était dans les communes pour tout le réseau de bornes de recharge. La ville d'Arras a, à ce titre, été sollicitée par les communes aux alentours pour savoir comment fonctionnaient nos bornes, quel était le principe, s'il y avait des de pannes et de quels types...

Le fait d'être premier nous a permis de nous faire une expérience sur les bornes, notamment à travers un partenariat qu'on a développé avec la société DBT, dont le siège est proche d'Arras. La ville a eu une longue expérience car l'expérimentation de la borne inaugurée en novembre 2013 a finalement duré deux ans et demi au lieu de 8 mois. Nous pensions que la région allait sortir son projet rapidement mais l'évolution du projet régional a pris du temps pour pouvoir être finalisé avec de nombreuses intercommunalités, puis il y a eu les délais de lancement de marchés régionaux. Ainsi le déploiement des bornes n'a été engagé que depuis juillet 2016.


Quels ont été vos retours d'expérience suite à cette période test ?

Pendant la période d'expérimentation j'avais mis en place un réseau d'utilisateurs de la borne et chacun m'a fait part de son expérience. A titre d'exemple un utilisateur venant du sud de la Picardie, passait par Amiens puis Arras dans son itinéraire pour aller voir ses proches à Lille. Il devait nécessairement se recharger chez nous. A l'époque, en 2014, il n'y avait que très peu de bornes disponibles sur le territoire, le réseau était alors balbutiant. Sa présence en centre-ville d'Arras a fait sauter le pas à de nouveaux utilisateurs de véhicules électriques qui me l'ont signalé en me demandant la carte d'accès individuelle.

Aujourd'hui, la borne test, a été remplacée par l'une des 14 bornes arrageoises du réseau régional accessibles avec la carte Pass Pass. A cela s'ajoute quatre bornes qui ont été installées en 2014 par la ville dans les deux parkings souterrains communaux. Chacune dispose de deux points de charge (type 2 et type 3) en 3/22 kW pour un tarif intéressant : 2 € la charge, quel que soit le temps passé sur la borne. A cela s'ajoute le prix du stationnement dans le parking. Par exemple, la charge complète d'une Renault ZOE en 22 kW se fait en moins de 2h et revient au total à 3,50 €.


Où en est le déploiement de bornes de recharge publiques aujourd'hui à Arras ?

Les collectivités du Nord-Pas de Calais ont réfléchi pendant 2 ans au moyen d'avoir un réseau de bornes avec une certaine uniformité s'agissant du matériel. Pour ce faire, la région a intégré cette mission au sein de sa compétence transport. Cela a donné lieu à la création fin 2015 d'un marché public régional pour la fourniture de bornes de charge, comportant plusieurs marques et plusieurs possibilités de puissance de charge. Les collectivités partenaires piochent depuis dans ce marché suivant leurs besoins.

Il a été secondé par un autre appel d'offres sur la supervision. Celui-ci a été remporté par Sodetrel qui a intégré la carte Pass Pass pour faciliter l'accès aux bornes. Ce badge est compatible avec d'autres modes de transports (tram, TER, bus et vélos en libre service), permettant un réel service d'intermodalité. Les services régionaux sont actuellement en discussion avec les acteurs de Picardie pour pouvoir étendre ce réseau et l'usage de cette carte à toute la nouvelle région des Hauts-de-France.

Depuis la loi MAPAM de 2014 (loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles), la Communauté Urbaine d'Arras a récupéré la compétence en matière d'infrastructures de recharge qu'avait initialement la ville. Elle compte à ce jour sur son territoire 20 bornes doubles, donc 40 points de charge.



En 2011 vous aviez décidé de remplacer systématiquement les véhicules légers réformés de votre flotte par des véhicules électriques. Vous en étiez à 14 fin 2013 (avec 9 Kangoo ZE et 5 ZOE), qu'en est-il aujourd'hui ?

Aujourd'hui nous en sommes à 12 Renault Kangoo et 7 ZOE. Lorsqu'on a reçu le Trophée des Territoires Electromobiles en 2013, il est vrai qu'on était en plein dans cette logique. En 2014, la municipalité a dû lever le pied sur cet engagement face à une diminution des dotations de l'Etat. Restriction budgétaire oblige, la ville a fortement réduit le nombre de véhicules neufs achetés. Cela étant, en ne remplaçant pas les vieux véhicules thermiques qui ont été réformés, nous avons augmenté proportionnellement la part des véhicules électriques dans notre flotte. Ces véhicules sont depuis utilisés en pool et partagés entre services.

La ville a en effet initié une nouvelle démarche qui est de rentabiliser au mieux l'utilisation des véhicules électriques en les mutualisant pour tous les agents de la ville amenés à se déplacer. Cette utilisation régulière des véhicules nous a permis de réduire encore le nombre total de véhicules dans la flotte. J'ai par ailleurs formé plus de 40 collègues à la conduite des véhicules électriques qui n'osaient pas les prendre initialement.


Quels sont les retours de vos employés sur l'usage régulier de ces véhicules ?

Ils sont heureux. Avant ils avaient des vieux véhicules poussifs et bruyants qui avaient du mal à démarrer. Il fallait passer les vitesses, débrayer… Là c'est la tranquillité. Chacun réserve un véhicule disponible auprès des hôtesses, le récupère et fait son déplacement. Le soir, il faut juste rebrancher la voiture (plus besoin de passer à la station essence). Le service garage a par ailleurs moins d'entretien à faire car les véhicules sont plus récents.

Le fait que les agents roulent en véhicules électriques les a incité à en acheter à titre personnel. C'est d'ailleurs mon cas, ma famille roule en ZOE depuis 2 ans et nous prenons ce véhicule en priorité pour tous déplacements dans un rayon de 50 km. J'ai des collègues qui sont aussi passés à la ZOE, à la Peugeot Ion ou la Nissan LEAF. Aujourd'hui, en plus de la recharge à domicile, nous avons une offre de bornes qui permet de se recharger facilement sur notre territoire.



Illustration : © tous droits réservés

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Retrouvez le premier portrait de notre deuxième vague d'interviews des anciens lauréats des Trophées des Territoires Electromobiles : le SyDEV (Vendée) > http://www.avere-france.org/Site/Article/?article_id=6768

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