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Bolloré maintient son projet d’installer 16 000 points de recharge d’ici 2019

Le projet Bluelib' de Bolloré dévoilé en 2014 ne s’est pour l’instant pas concrétisé. Malgré ce retard à l’allumage, l’industriel breton n’a pas renoncé à installer 16 000 points de recharge normale pour véhicules électriques. Des ajustements seraient toutefois à l’ordre du jour comme équiper uniquement les villes de 100 000 habitants, ce qui pourrait mettre en question la dimension nationale du projet au regard de la loi du 4 août 2014.
Bolloré maintient son projet d’installer 16 000 points de recharge d’ici 2019

8 000, c'est le nombre de points de charge – et non de bornes – que Bolloré s'était engagé à installer d'ici la fin de l'année 2016 au titre de son programme Bluelib' présenté en 2014. Deux ans après, à l'heure du bilan, aucune n'a encore été posée. Les 77 collectivités financées par l'ADEME ont dans le même temps installé des milliers de points de charge partout en France. L'affaire agite depuis quelques jours les médias qui pointent le retard pris par le groupe.

Dans l'article publié par les Echos, Bolloré ne remet pas en cause son objectif final d'installer ses 16 000 points de charge à l'horizon 2019, conformément à son plan initial. C'est plutôt la manière de procéder qui pourrait changer. Alors que l'industriel breton évoquait précisément une couverture équilibrée du territoire sur 4 000 communes, il parle désormais d'équiper uniquement les villes de plus de 100 000 habitants.

Pour justifier ce revirement, il explique que les collectivités lui ont porté concurrence avec leurs schémas de déploiement, rapporte Les Echos. Un argument qui porte à confusion, puisque le dispositif ADEME de financement, doté d'une enveloppe de 50 millions d'euros – et non de 150 comme il est avancé dans l'article – est pourtant bien antérieur au projet Bluelib'… Sans compter que certains acteurs publics, comme les syndicats d'énergie de Bretagne ou de l'Orne, ont directement intégré Bolloré dans leur réflexion sur le maillage de leur territoire.


Quel impact sur le statut d'opérateur de dimension nationale ?


Le décision du groupe de maintenir ses ambitions sur l'installation de stations accessibles au public est assurément une bonne nouvelle pour l'électromobilité. Qu'on se rassure, les bornes de 7 kW couvriront les besoins des utilisateurs de véhicules électriques, même compte tenu de l'augmentation de la capacité des batteries. Le nombre de kilomètres récupérés sur un temps donné n'est en effet pas impacté par la hausse des autonomies. Pour un utilisateur, la question de la recharge quotidienne est moins de faire le plein de son véhicule que de pouvoir recharger chaque fois qu'il stationne.

Reste toutefois à voir comment l'Etat va apprécier ce changement de positionnement. La loi du 4 août 2014 qui a créé le statut d'opérateur de dimension nationale dont bénéficie Bolloré dispose en effet que les projets doivent concerner au moins deux régions et assurer "un aménagement équilibré des territoires concernés". L'ambition du législateur était que la France ne souffre d'aucune zone blanche notamment en milieu rural…

Alors que des départements d'Ile-de-France, du Grand Est ou d'Auvergne n'ont pas encore fait appel à l'aide de l'ADEME, la décision de Bolloré de se concentrer sur les centres urbains denses pourrait remettre en cause la dimension nationale de son projet. En jeu : l'exemption de paiement de la redevance d'occupation du domaine public des collectivités territoriales.

En attendant que Bolloré réajuste son programme Bluelib', le déploiement de l'infrastructure publique se poursuit. De 8 600 en 2014, la France est passée à plus de 15 000 points de recharge en septembre 2016. Plus de 20 000 devraient être installés d'ci la fin 2017.


Illustration : © Avere-France

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