L’ONG Transport & Environnement sereine pour la recharge publique en Europe

L’ONG Transport & Environnement a publié la semaine passée un rapport faisant état du réseau de recharge public pour véhicules électriques en Europe. Un constat prédomine : malgré le renforcement des normes en matières d’émissions de CO2 des véhicules légers (M1/N1), le réseau public de recharge sera bel et bien, selon l’ONG, suffisant dans les années à venir.

340 000 points de recharge ouverts au public en Europe en 2021

Avant d’évoquer les projections futures, Transport & Environnement rappelle qu’à fin 2021, l’Europe comptait près de 340 000 points de recharge ouverts au public (la France en comptabilisait à elle-seule 53 667), soit une multiplication par 3 du nombre de points de recharge par rapport à 2018. Si l’on s’intéresse spécifiquement aux points de recharge rapide, ils étaient au nombre de 39 000, ce qui correspond à une hausse de + 350 % sur la période 2018 – 2021.

En 2021 toujours, 62 % de ces points de recharge ouverts au public (toute puissance confondue) était implantés en Allemagne, aux Pays-Bas et en France. Ces trois pays, à eux-seuls, représentaient par ailleurs 61 % des immatriculations de véhicules électriques.

257 000 points de recharge ouverts au public seraient nécessaires, en France, en 2025

Pour déterminer la demande en matière de recharge publique, trois facteurs sont / seront décisifs, selon Transport & Environnement :

  • La part de recharge publique / privée ;
  • L’utilisation du réseau, i.e. le temps d’utilisation d’un point de recharge par jour en moyenne ;
  • La consommation d’électricité des futurs véhicules électriques.

S’agissant, justement, de la répartition « recharge publique / privée » (privée incluant les recharges à domicile et en entreprise, entre autres), l’ONG estime que la recharge publique ne devrait pas, à l’échelle européenne, représenter plus de 30 % du total. Transport & Environnement précise au passage que le taux d’utilisation du réseau de recharge public devrait osciller, en Europe, entre 8,3 % (AC, 2h/j) et 12,5 % (DC, 3h/j). Enfin, la consommation d’énergie des nouveaux véhicules devrait être comprise entre 9 et 14,8 kWh/100 km.

En prenant en compte tous ces éléments, Transport & Environnement préconise l’installation de 3,3 à 4,8 millions de points de recharge en Europe d’ici 2030, et de 8,2 à 10,4 millions d’ici 2035 si l’objectif de fin de vente des véhicules thermiques fixé par la Commission Européenne dans le package « Fit for 55 » venait à se concrétiser. Ces chiffres sont beaucoup moins élevés que ceux des recommandations de l’ACEA (lien). Si l’on s’intéresse spécifiquement à la France (qui comptait 38 millions de véhicules légers – toutes énergies confondues – en circulation en 2018, soit 14 % du total de l’Union Européenne), il faudrait, selon les obligations de l’AFIR (Règlement sur les infrastructures pour carburant alternatif, qui a fixé des objectifs de puissance de recharge cumulée de 1 kW par véhicule 100 % électrique et de 0,66 kW par véhicule hybride rechargeable en circulation),

  • 257 000 points de recharge en 2025 ;
  • 428 000 points de recharge en 2027 ;
  • 836 000 points de recharge en 2030 ;
  • 1 830 000 points de recharge en 2035.

Des objectifs différenciés selon la proportion de véhicules électriques immatriculés dans les Etats membres   

L’ONG préconise enfin des objectifs d’installation de points de recharge / de puissance électrique différenciés selon la part d’immatriculation des véhicules électriques au sein des Etats membres avec, toutefois, un minimum à « assurer » là où les VE sont très peu présents pour permettre la croissance du marché :

  • < 1% = 3 kW par véhicule électrique ;
  • Entre 1 et 2% = 2,5 kW ;
  • Entre 2 et 5% = 2 kW ;
  • Entre 5 et 7,5% = 1,5 kW ;
  • > 7,5% = 1 kW. 

Ainsi, selon Transport & Environnement, chaque Etat Membre devrait proposer un minimum d’infrastructures de recharge permettant d’avoir au moins 2% de VE en 2025, 5% en 2027 et 10% 2030.

L’étude complète est à retrouver à ce lien.

Équipement des bâtiments résidentiels

Les recommandations de Transport & Environnement :
Précabler les parcs de stationnement de tous les bâtiments résidentiels existants (au-dessus de 3 places) au plus tard en 2035 avec un objectif intermédiaire de 15% en 2027 et 30% en 2030. Pour les parkings publics : 2030 ;
Pour tous les bâtiments non résidentiels au-dessus de 10 places de parkings, au moins 15% devraient avoir installé un point de charge en 2030, 30% en 2025. Pour les nouveaux bâtiments non résidentiels et ceux qui sont concernés par d’importantes rénovations devraient avoir un point de charge tous les deux emplacements de stationnement minimum ;
Garantir un droit à la prise qui permettrait un temps d’attente entre la demande et l’installation de la borne de 3 mois maximum.