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Transport & Environment appelle la France à décarboner le transport routier

Le nouveau rapport « Comment décarboner le fret français d’ici 2050 ? » de l’ONG européenne Transport & Environment établit un état des lieux des différentes filières alternatives et invite le gouvernement français à engager dès 2020 la transition écologique du secteur des poids-lourds.
Transport & Environment appelle la France à décarboner le transport routier

L'électrique doit représenter entre 15 et 30 % des ventes en 2030


Si les mesures d'efficacité telles que l'intensification du transfert modal, l'amélioration du rendement énergétique des camions et l'optimisation de l'efficacité logistique restent des leviers importants pour réduire les émissions de CO2 du secteur du fret, elles resteront insuffisantes pour atteindre l'objectif 2030 fixé par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) notent les experts de Transport & Environment.

Dans son dernier rapport « Comment décarboner le fret français d'ici 2050 ? », l'ONG estime que les camions zéro émission devront représenter au moins de 30 % des ventes en 2030 sur le segment du moins de 26 tonnes et 15 % sur les plus de 26 tonnes.


En parallèle, la France et le reste de l'Europe devront engager la fin des ventes de véhicules diesel au plus tard en 2040. A horizon 2050, ce sont l'ensemble des véhicules diesel qui devront être interdits de circulation.


L'électrique à batterie plus efficace


Dans son rapport, Transport & Environment a réalisé une modélisation des émissions des différentes solutions technologiques pouvant être produites à partir d'électricité d'origine renouvelable. En tenant compte des différentes pertes liées aux opérations de conversion, par exemple lors qu'il s'agit de transformer l'électricité en hydrogène par le biais de l'électrolyse, T&E juge la solution électrique à batteries comme la plus pertinente sur le plan environnemental.

« L'électrification directe (par voies aériennes ou sur batterie, ndlr) sera toujours deux fois plus efficace que l'hydrogène, et environ trois fois plus efficace que les moteurs à combustion interne fonctionnant aux électro-carburants synthétiques » notent les auteurs du rapport.

Là où l'électrique à batteries affiche un rendement allant jusqu'à 82 %, l'hydrogène se limite à 42 % tandis que les carburants synthétiques atteignent difficilement un rendement de 30 %.


Une transition à commencer dès maintenant


« Il sera nécessaire de décarboner intégralement la flotte de poids-lourds (PL). Cette opération est techniquement possible, à condition que la transition commence dès le début des années 2020 » prévient Transport & Environment qui formule différentes recommandations pour dynamiser la filière.

Sur le plan fiscal, l'organisation européenne propose notamment d'étendre aux poids-lourds électriques la réduction du taux de CSPE (Contribution au service public de l'électricité) aujourd'hui accordée aux trains, métros, tramways et bus électriques.

En parallèle, le remboursement partiel de la TICPE sur le diesel devra être « supprimé dès que possible » estime l'association. « Une partie des revenus fiscaux supplémentaires pourrait servir à soutenir les TPE et PME à investir dans des véhicules zéro-émissions » propose-t-elle.

Sur le volet des aides à l'achat, T&E invite la France à s'inspirer de l'Allemagne et de la Californie en proposant des subventions pour les camions électriques et hydrogène.

Pour l'ONG, la mise en place de l'ensemble de ces mesures permettrait de réduire jusqu'à 14 % le coût total de possession des poids-lourds zéro émission tout en augmentant de 5 % celui des modèles diesel. Une convergence progressive qui mènerait à une parité des deux technologies entre 2024 et 2029 en fonction du scénario.

Sur la question de l'infrastructure, T&E appelle le gouvernement français à préciser sa stratégie et à financer le déploiement d'infrastructures de charge privées et publiques pour les camions de livraison urbaine, régionale et longues distances. Une déclaration qui fait écho à celle de l'ACEA qui alertait il y a quelques semaines les décideurs quant au manque d'infrastructures à destination des poids-lourds à énergies alternatives.


Illustrations : Transport & Environment

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