Recharge sur autoroute

La recharge sur les grands axes routiers, et notamment sur les autoroutes, est indispensable pour les longs trajets en voiture électrique.

Selon une enquête menée par Ipsos pour VINCI Autoroutes en juillet 2021, 31 % des personnes interrogées souhaitent davantage de bornes sur les aires de services et 56 % appellent à des vitesses de charge plus rapides.

Par ailleurs, à la lecture des conclusions des deux scénarii envisagés par RTE et Enedis (5,3 millions de véhicules électriques et hybrides rechargeables en 2028 ; 15,6 millions en 2035), la recharge haute puissance s’intégrerait sans difficulté dans les réseaux électriques. Elle ne représenterait notamment pas de « défis techniques » particuliers, à condition qu’elle soit anticipée par les porteurs de projet.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir. Retrouvez sur le site bison-fute.gouv.fr l’emplacement des points de recharge rapide.

L’équipement des aires de service des autoroutes (réseaux concédé et non concédé) en stations de recharge haute puissance, obligatoire d’ici le 1er janvier 2023, est en cours de déploiement. Aujourd’hui, la moitié des aires de service est équipée en recharge rapide.

L’obligation pour les aires de service d’être équipées en carburants alternatifs

Le décret relatif aux obligations s’appliquant aux conventions de délégation autoroutières en matière de transition écologique a rendu obligatoire la distribution pour les énergies usuelles sur les aires de services. Constitue une source d’énergie usuelle toute source d’énergie utilisée par plus de 1,5 % des véhicules à moteur immatriculés pendant deux années consécutives ou par au moins 5 % du parc de véhicules à moteur en circulation. Considérée comme une énergie usuelle, l’électricité pour la recharge de véhicules devra être présente sur toutes les aires de services avant le 1er janvier 2023. 

A noter que le décret fait le distinguo entre les aires de service de « catégorie 1 » (ayant un trafic journalier annuel moyen supérieur ou égal à 15 000 véhicules) et les aires de service de « catégorie 2 », en-deçà du seuil des 15 000 véhicules mentionné précédemment. La principale différence réside dans le traitement réservé aux poids-lourds, puisque les aires de service de « catégorie 1 » devront obligatoirement proposer une piste de distribution de chaque source d’énergie usuelle à destination spécifique des poids-lourds (là où les aires de « catégorie 2 » devront « seulement » disposer d’une piste de distribution accessible aux camions).

100 millions d’euros alloués à la recharge autoroutière

Le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari promet d’équiper 440 aires de service sur autoroutes et voies rapides d’ici le 31 décembre 2022. C’est en tout un budget de 100 millions d’euros que l’Etat a débloqué en faveur de la recharge autoroutière et dont les bénéficiaires seront les entreprises exerçant l’activité d’installateur ou d’opérateur d’infrastructures de recharge (ou assumant des investissements relatifs à une activité de service de recharge sur les aires de services situées sur le domaine public autoroutier et sur le domaine public du réseau routier national).

En tant que porte-parole de l’écosystème de la mobilité électrique, l’Avere-France a participé activement à ce projet, via son programme de financement de bornes de recharge ADVENIR notamment, mais également avec le concours de ses adhérents. L’association se réjouit de cette avancée, qui permettra de faciliter encore davantage l’acceptation et l’utilisation du véhicule électrique par le plus grand nombre.

100 millions
D’euros investis par l’Etat français
440
Aires de service sur autoroutes et voies rapides équipées de bornes de recharge rapide
fin 2022
Date butoir d’équipement des aires

Quelles conditions, pour les entreprises, pour bénéficier de l’aide en faveur des « investissements relatifs aux installations de recharge rapide » sur les grands axes routiers ?

Après avoir envoyé une demande de subvention à l’ASP (Agence de Services et de Paiement), l’installateur ou l’opérateur de recharge devra réaliser les travaux dans un délai maximum de 6 mois suivant la décision d’attribution de l’aide et au plus tard le 1er janvier 2023. Outre ce cadre temporel, les stations devront comporter au minimum 4 points de recharge rapide (chiffre qui peut passer de 8 à 16 selon la taille de la station), dont la moitié de 150 kW (permettant, en théorie, une recharge en moins de 20 minutes). Enfin, et au-delà de ces conditions de nombre, les stations de recharge devront également répondre à certains critères de service : assurer l’accessibilité des bornes 24j/24 avec un n° de Hotline visible depuis chaque borne pour le support client, proposer le paiement à l’acte ou encore garantir la disponibilité d’au moins 80 % des points de recharge plus de 99 % du temps d’ouverture des services sur une année.

Le gouvernement prévoit de financer entre 10 et 30 % des coûts d’installation des stations ultrarapides sur autoroute. Un bonus de 10 % sera même accordé aux 150 premiers points de recharge mis en place afin d’accélérer le déploiement. Les aides accordées seront plafonnées à 15 millions d’euros par station au total.

Des procédures adaptées pour réduire les délais

Enedis a proposé à la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) une procédure spécifique pour accélérer les délais de raccordement et faciliter le déploiement des infrastructures de recharge sur les aires de service. La CREa approuvé cette procédure le 29 juillet 2021. Dans cette procédure adaptée, les démarches relatives au raccordement ne seront plus à la seule charge de l’opérateur retenue à l’issue de l’appel d’offres d’une société concessionnaire d’autoroute (SCA). Le raccordement pourra par ailleurs se faire en deux fois, dont une première partie qui anticipe l’appel d’offre.
Un décret de simplification publié le 12 septembre 2021 prévoit la possibilité pour ces sociétés concessionnaires d’autoroutes de sélectionner les titulaires des contrats d’exploitation portant exclusivement sur l’installation et l’exploitation de points de recharge pour véhicules électriques au terme d’une procédure de publicité et mise en concurrence adaptée. En respectant les critères prévus, la procédure adaptée impose au ministère de rendre son avis plus rapidement (45 jours ou 2 mois contre 3 mois auparavant) et l’absence de réponse vaut accord (alors qu’elle valait, avant, désaccord).

Modération tarifaire

L’ART (Autorité de Régulation des Transports) avait fait part de son souhait d’une réforme du critère de modération tarifaire pour l’étendre au-delà des carburants conventionnels aux énergies usuelles (dont l’électricité).  Le décret de  simplification mentionné précédemment prévoit également d’étendre ce critère à l’ensemble des sources d’énergies usuelles. Pour l’attribution d’un contrat d’exploitation sur la distribution d’énergies usuelles, l’autorité concédante devra prendre en compte la politique de modération tarifaire pratiquée par l’exploitant, la pondération de ce critère étant au moins égale à celle du critère relatif aux rémunérations. Pour la recharge des véhicules électriques, la disposition s’appliquera aux consultations lancées à compter d’octobre 2022.