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RTE et l’AIE explorent les conditions d’un mix-électrique fortement renouvelable

Le 27 janvier dernier, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont rendu public un rapport sur la faisabilité d’un mix électrique français basé principalement sur le renouvelable à horizon 2050. Une ambition que les auteurs jugent crédibles… mais sous certaines conditions !
RTE et l’AIE explorent les conditions d’un mix-électrique fortement renouvelable

Alors que la France devra prochainement se prononcer quant à l'avenir du nucléaire, ce rapport vise à éclairer les futurs choix énergétiques du gouvernement. Réalisé par RTE et l'AIE à la demande du ministère de la Transition écologique, celui-ci s'intéresse à la faisabilité technique d'un système électrique avec une forte proportion d'énergies renouvelables à l'horizon 2050.


Quatre conditions identifiées



Si RTE et l'AIE jugent atteignable l'objectif d'une forte part de renouvelable dans le mix-électrique, encore faut-il respecter certains prérequis. Dans leur rapport, les deux entités identifient ainsi quatre conditions que les politiques publiques devront prendre en considération pour orienter leurs décisions.

La première exigence porte sur la « stabilité du réseau ». Il s'agit en l'occurrence de parvenir à intégrer ces énergies renouvelables dans les fréquences aujourd'hui utilisées par le réseau électrique. Un défi important qui n'est toutefois pas insurmontable. « Même si elles doivent encore faire l'objet d'une démonstration à grande échelle, il existe un consensus scientifique sur l'existence de solutions technologiques permettant de maintenir la stabilité du système électrique sans production conventionnelle » notent les auteurs.

En matière d'approvisionnement, la flexibilité est le deuxième axe important cité par l'AIE et RTE. Pilotage de la demande, stockage à grande échelle, interconnexion transfrontalière font partie des solutions mises en exergue dans le rapport pour mieux réguler l'intermittence de ces nouvelles énergies. « La maturité, la disponibilité et le coût de ces flexibilités doivent être pris en compte dans les choix publics » souligne le rapport qui insiste sur la nécessaire « mise à l'échelle » des différentes solutions.

Le 3e défi est à la fois opérationnel et réglementaire. Selon l'AIE et RTE, les responsabilités d'équilibrage et de constitution des réserves opérationnelles devront être redéfinis. De nouveaux outils permettant de superviser la production en temps réel devront aussi être mis en place.

La 4ème et dernière condition concerne le développement des réseaux d'électricité. RTE et l'AIE estiment que des « efforts substantiels » devront être réalisés à compter de 2030 au niveau du transport et de la distribution. « Cela nécessite une forte anticipation et un engagement public en matière de planification à long terme, d'évaluation des coûts et de concertation avec les citoyens pour favoriser l'acceptation des nouvelles infrastructures » note le rapport.

« La France s'est engagée dans la neutralité carbone pour 2050. Tous les scenarios nationaux envisagent à cette échéance davantage d'électricité décarbonée et des volumes importants d'ENR. Pour se diriger vers un mix à très fortes parts d'ENR variables, bien qu'il n'y ait aucune barrière technique infranchissable a priori, il faut regarder les faits scientifiques, techniques et industriels : il reste beaucoup de sujets à résoudre. Le rapport suggère une méthode et des feuilles de route pour traiter ces enjeux » note Xavier Piechaczyk, Président du Territoire de RTE.


Une première étape avant une étude plus complète



Pour l'AIE et RTE, la publication de cette étude s'intègre à un programme de travail plus large visant à étudier l'évolution du système électrique français à horizon 2050.

Avec la publication de ce nouveau rapport, RTE lance une nouvelle phase de concertation publique. Celle-ci s'organise autour de huit scénarii d'études, avec ou sans nouveau programme nucléaire. Des hypothèses qui aboutissent sur un mix renouvelable oscillant entre 50 et 100 % en 2050.

Le rapport de cette nouvelle phase de travaux sera présenté dans le courant de l'automne 2021.

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