Oui, les Outre-mer doivent être au rendez-vous de la mobilité électrique

L’Avere-France publie une note de position destinée à accélérer l’électrification des mobilités dans les territoires ultramarins. Élaboré dans le cadre d’un groupe de travail réunissant ses adhérents, ce document formule une série de recommandations pour lever les freins au déploiement de la mobilité électrique et adapter les politiques publiques aux spécificités locales. Ces propositions ont notamment été présentées en avril dernier lors d’un colloque organisé au Sénat, consacré à la mobilité électrique dans les Outre-mer, en présence de Micheline Jacques, présidente de la Délégation sénatoriale aux Outre-mer et sénatrice de Saint-Barthélemy.

Retrouvez la note de position à la fin de l’article.

Micheline Jacques et Antoine Herteman au colloque mobilité électrique au Sénat

Les Outre-mer ne doivent pas être les oubliés de la transition

La question des territoires ultramarins reste encore trop peu abordée et insuffisamment représentée dans les échanges relatifs à la mobilité durable. Pour l’Avere-France, il est pourtant essentiel d’inscrire pleinement ces territoires dans la dynamique d’électrification, en tenant compte de leurs atouts, de leurs spécificités et des défis auxquels ils sont confrontés. 

Cette vision s’inscrit dans la continuité des travaux portés par l’association. Dès mars dernier, l’Avere-France, aux côtés de France Renouvelables, appelait à construire l’électrification des mobilités avec les territoires, en particulier les territoires ruraux en proposant une approche territorialisée des politiques publiques et des dispositifs d’accompagnement, Une nécessité qui apparaît encore plus évidente dans les territoires ultramarins. 

Afin de mieux appréhender les réalités du terrain, un groupe de travail dédié a été mis en place. Les adhérents de l’association y ont partagé leurs retours d’expérience, les difficultés rencontrées au quotidien mais également les nombreuses opportunités offertes par la mobilité électrique dans les Outre-mer. Ces échanges ont directement nourri les recommandations formulées dans cette note de position. 

Une conviction commune s’en dégage : la transition vers la mobilité électrique peut bénéficier à tous les territoires, à condition de prendre en compte la diversité de leurs réalités et de leurs besoins. 

Des réalités territoriales qui appellent des réponses adaptées 

L’électrification des mobilités dans les Outre-mer ne peut être appréhendée selon les mêmes modalités que dans l’Hexagone. 

Elle s’inscrit dans des contextes insulaires ou géographiquement isolés, marqués par des contraintes particulières en matière de réseaux électriques, de production énergétique, de logistique, d’approvisionnement ou encore de conditions socio-économiques.  

Dans plusieurs territoires, les systèmes électriques non interconnectés présentent une sensibilité accrue aux variations de la demande et disposent de marges de flexibilité plus limitées. Les enjeux liés au transport des équipements, à l’approvisionnement en pièces et batteries, ainsi qu’à la gestion de leur fin de vie, constituent également des défis spécifiques. 

À ces contraintes s’ajoutent des réalités socio-économiques propres aux territoires ultramarins, telles qu’un coût de la vie souvent plus élevé, une forte dépendance à la voiture individuelle et un marché automobile marqué par une part importante de véhicules thermique d’occasion. 

Ces spécificités nécessitent des réponses adaptées et une meilleure prise en compte des enjeux locaux dans la conception des politiques publiques afin d’assurer un déploiement durable et équitable de la mobilité électrique. 

Des atouts majeurs pour accélérer la transition 

Si les territoires ultramarins font face à des défis particuliers, ils disposent également de nombreux atouts pour réussir leur transition. 

Le développement de la mobilité électrique peut contribuer à réduire la dépendance aux énergies fossiles importées, améliorer la qualité de l’air et favoriser une meilleure valorisation des ressources énergétiques locales, notamment les énergies renouvelables. 

Dans plusieurs territoires, les distances parcourues au quotidien et les usages de mobilité sont par ailleurs particulièrement compatibles avec les performances actuelles des véhicules électriques. 

Recommandations pour accélérer l’électrification des mobilités en Outre-Mer 

Face à ces enjeux, l’Avere-France appelle à la mise en œuvre d’une stratégie adaptée, intégrée et territorialisée pour accompagner le développement de la mobilité électrique dans les Outre-mer. 

Sa note de position formule plusieurs recommandations structurées autour de neuf priorités : 

  • Généraliser le pilotage intelligent de la recharge ; 
  • Déployer des infrastructures de recharge adaptées aux usages locaux ; 
  • Renforcer la cohérence et la lisibilité de l’action publique ; 
  • Moderniser les réseaux électriques et accélérer le développement des énergies renouvelables ; 
  • Garantir un accès équitable à la mobilité électrique grâce à une territorialisation des aides ; 
  • Accélérer l’électrification des flottes d’entreprises afin de dynamiser le marché de l’occasion ; 
  • Soutenir le déploiement de la recharge dans le résidentiel collectif ; 
  • Structurer une filière locale de compétences et de services ; 
  • Lever les freins liés à la gestion et au recyclage des batteries. 

Découvrez l’ensemble des propositions de l’Avere-France dans la note de position dédiée à l’électrification des mobilités dans les territoires ultramarins👇